La Horaine du chantier Auroux

La Horaine était une vedette du Service des Phares et Balises de Lézardieux, construite par le chantier Auroux en 1957.

La Horaine, chantier Auroux. Photographie Association La Horaine
La Horaine, chantier Auroux. Photographie Association La Horaine

En tout premier lieu, je consacre cet article à un association qui est entrain de se battre pour conserver ce navire.

Cette vedette à été construite par les parents de certains d’entre nous. Elle est en ce moment en péril. Par conséquent, je vous livre son histoire dans l’espoir de soutenir un groupe de passionnés à Paimpol.

Le chantier Auroux

Dès 1932, le chantier commença à construire des chasseurs de bélougas, puis une série de vedettes destinées au Service des Phares et balises, dont La Horaine, qui est une de ses dernières construction.

Le chantier Auroux à Arcachon
Le chantier Auroux à Arcachon

Elle constitue aujourd’hui un témoignage rare de navire de travail qui mérite d’être sauvegardé.

La Horaine, bateau BIP
La Horaine, bateau BIP

Dès 2008, la fondation nationale du Patrimoine maritime et fluvial lui a décerné le label « Bateau d’Intérêt Patrimonial ». Cette première reconnaissance a incité un groupe de passionnés à se mobiliser pour sauvegarder et faire vivre ce navire.

La Hauraine de Bréhat

A l’origine, La Horaine de Bréhat est un plateau rocheux qui s’étend à l’Est de l’île de Bréhat. En 1832 une première balise en bois y fut implantée, mais ne dura pas 15 jours. Par la suite, on installa une balise en fer en 1849 et en 1859.

Phare de La Horaine
Phare de La Horaine

La vedette La Horaine assurait les relèves des gardiens de phares des Roches-Douvres et du Grand Léjon, leur ravitaillement et l’entretien des signaux maritimes de 1957 à 2006.

Phares de la côte d'armoriales visâtes par La Horaine. Montage carte DIRM NAMO
Phares de la côte d’armoriales visâtes par La Horaine. Montage carte DIRM NAMO

C’est ainsi, en référence à cet ESM ( établissement de signalement maritime) que fut baptisée la vedette.

Le phare des Roches-Douvres

Le phare des Roches-Douvres ravitaillé par La Horaine, est situé à plus de 30 km de la côte, il est un des plus éloignés de France.

Remis en service en 1954, après un dynamitage en 1944, ce phare fut reconstruit dans des conditions très difficiles. Trois vedettes se sont perdues en essayant d’accoster durant sa construction.

La Horaine assurait par tous les temps, des traversées dangereuses et longues de plus de trois heures. Cette situation nécessitait une vedette d’une grande robustesse et fiabilité. Le chantier Auroux était spécialisé dans ce type d’embarcation.

Le phare des Roches-Douves, photographie Association La Horaine
Le phare des Roches-Douves, photographie Association La Horaine

Ajoutons que, ces gardiens des Phares et Balises étaient des hommes fiers de leur métier, fait de solitude et de dangerosité. La Horaine pendant des années était leur lien avec le reste du monde.

Extrait du film de Thierry Marchadier pour Fr3 Bretagne sur les Roches Douvres.

Victor Hugo décrivit leur isolement et l’inhospitabilité de cet endroit, dans son magnifique roman “Les travailleurs de la mer”.

“Aux Roches-Douvres, personne Les Oiseaux de mer sont là Des Roches-Douvres, on ne voit rien, Tel est l’isolement de ce rocher. Tout autour l’immense tourment des flots, La rafale, l’eau, la nuit, l’illimité, l’inhabilité”

Les caractéristiques de La Horaine

Tout d’abord il faut dire que La Horaine, réplique d’un patrouilleur côtier de la Royale Navy pendant la seconde guerre mondiale, avait une coque adaptée aux déplacements rapides dans de forts courants, tels qu’on les rencontre aux abords des phares des Triagozz et des Sept-Îles au large de Perros-Guirec.

La Horaine, Photographie La presse d'Armor
La Horaine Photographie La presse d’Armor

Construite en 1957 à Arcachon par les chantiers Auroux, elle mesure 15,6 mètres de long et 4,06 mètres de large. Sa longueur de flottaison est de 14,5 mètres, son tonnage est de 26,82 tjb, et, elle déplace environ 20 tonnes.

La Horaine, plan d'origine.
La Horaine, plan d’origine.

Sa coque est une construction en bois bordée à franc-bord, entièrement pontée, munie d’une timonerie légèrement sur l’arrière, au moteur central. La charpente est en chêne. Le pont et les hiloires sont en iroko, le bordé en acajou est posé sur des membrures en acacia ployées à la vapeur.

Photographie Association La Horaine
Photographie Association La Horaine

Son pont à teugue comprend un pont avant et un pont arrière situé à un niveau inférieur. Le pont avant est prolongé au même niveau par une superstructure permettant la ventilation et l’éclairage de la chambre des machines. Puis, cette superstructure se termine par une cabine, le poste de pilotage, ou timonerie. Cette timonerie était complétée par un auvent toilé recouvrant partiellement la baignoire arrière.

Poste de pilotage de La Horaine,Photographie Association La Horaine
Poste de pilotage de La Horaine, Photographie Association La Horaine

En 1997, les Domaines supprimèrent cette baignoire pour des raisons de sécurité. A l’origine elle était utilisée pour le transport des gardiens de phares lors des relèves (curieusement, ils n’allaient pas dans la cabine). Mais, à la suite d’une sortie avec une mer très forte, cette cale avait été inondée, le bateau avait coulé. Alors, cette cale fut enlevée et la cabine contenant la timonerie, rallongée.

La Horaine après travaux en 1997
La Horaine après travaux en 1997

Une voilure d’appoint, constituée d’un foc et d’une misaine à corne équipait également la vedette à ses débuts.

Un canot servant aux relèves des gardiens de phare fait partie de son armement.

La Horaine et son canot,Photographie Association La Horaine
La Horaine et son canot, Photographie Association La Horaine

De l’avant à l’arrière, elle comprend un puit à chaînes suivit d’un poste d’équipage avec des toilettes. Puis, un compartiment moteur, la timonerie et une plage arrière. Précisons que, sa coque comporte 4 cloisons étanches.

Un moteur Baudoin

Elle est équipée d’un moteur Diesel Baudouin DK6 à 6 cylindres, de 88kW à 1 000 tr/min entraînant une hélice à 3 pales de diamètre 840 mm au pas de 540 mm par l’intermédiaire d’un réducteur-inverseur.

Baudouin DK6,Photographie Association La Horaine
Baudouin DK6, Photographie Association La Horaine

Le démarrage du moteur s’effectue à l’air comprimé. Deux bouteilles d’air comprimé, permettant de 3 à 6 démarrages sont rechargées par le même cylindre moteur qui permet le lancement. Ce cylindre est ensuite remis en mode de fonctionnement normal, c’est-à-dire isolé du circuit d’air comprimé et alimenté en gazole. Des démarrages à froid réalisent les premières explosions, à l’aide de cigarettes d’allumage servant de bougies de préchauffage installées manuellement.

Moteur de La Horaine,Photographie Association La Horaine
Moteur de La Horaine, Photographie Association La Horaine

La lubrification du moteur est réalisée par barbotage, la partie supérieure étant huilée manuellement à l’aide d’une burette au niveau des rainures supérieures des culbuteurs avant le démarrage. Toutes les quatre heures de marche, le mécanicien appuie ensuite sur une pédale actionnant une pompe à huile.

La première La Horaine

Mais, il y eut une première vedette du même nom.

En effet, le chantier Auroux construisit la première La Horaine en 1938. Elle était plus petite, 13,50 mètres contre 15,50 mètres.

Cette toute première vedette connue pour ses faits de résistance et ses traversées de la Manche servit à rapatrier les alliés en novembre 1943 vers Dartmouth en Angleterre.

La vedette La Horaine, la première du nom, celle qui servit à l'évasion de 1943, renommée La Triagoz, photographiée en 1977 à Lézardrieux par François Jouas-Poutrel, gardien du phare des Roches-Douvres pendant 21 ans
La vedette La Horaine, la première du nom, celle qui servit à l’évasion de 1943, renommée La Triagoz, photographiée en 1977 à Lézardieux par François Jouas-Poutrel, gardien du phare des Roches-Douvrespendant 21 ans

Ensuite, renommée La Triagoz, elle a été attachée au port de Perros-Guirec pour terminer sa carrière. La Triagoz a effectué les relèves des phares des Sept-Îles et des Triagoz jusqu’en 1979.

L’évasion de la première La Horaine

L’appel du 18 juin 1940, fit naitre dans cette région de France une résistance acharnée. Ainsi naquit le réseau le réseau Cohors-Asturie qui ne cessa d’harceler l’ennemi jusque’ à la victoire. Alors, à partir de 1942, un service presque régulier fut créé à Carantec (Finistère) par monsieur Sibiril constructeur de navire.

Ernest Sibiril. Au t total, près de 200 aviateurs et agents de renseignements alliés, Résistants, et  Français libres en mission auront été exfiltrés vers l’Angleterre par le Réseau Sibiril.Photographie anacr.com
Ernest Sibiril. Au total, près de 200 aviateurs et agents de renseignements alliés, Résistants, et  Français libres en mission auront été exfiltrés vers l’Angleterre par le Réseau Sibiril. .Photographie anacr.com

Aidé de Marie-Thérèse Le Calvez qui servit de pilote à Plouha, une vedette rapide gauliste, ils venaient contacter les résistants et prendre et laisser du personnel ; les marins de ces vedettes appelaient cela, « Venir sentir des Crêpes ». Mais un jour “on” dénonça Monsieur Sibiril et il partit en exil en Angleterre début 1943.

Très vite, la résistance eut l’idée d’utiliser La Horaine.

18 personnes étaient aussi à prendre à Gouermel , dont 4 aviateurs Américains parachutés dans la Somme, il y avait aussi 2 officiers de marine Française. Les autres étaient des jeunes allant s’engager au F.F.L.

Il fallut former l’équipage sans donner l’éveil. A bord il y avait Charles Jézéquel, le gardien du phare descendant, Jean Le Meur, un autre gardien, le mécanicien de La Horaine Pierre Richard, son pilote Louis Thomas, Yvon Jézéquel, membre de l’équipage et un militaire allemand Karl qui fait prisonnier lors de cette évasion.

Jean Le Meur, gardien de phare aux Roches-Douvres, participa à l'évasion à bord de La Horaine
Jean Le Meur, gardien de phare aux Roches-Douvres, participa à l’évasion à bord de La Horaine

La traversée

Mentionnons que, le départ pour la Grande Bretagne, à la barbe des soldats allemands de la vedette La Horaine, constitue un exploit entré dans la légende après deux tentatives malheureuses.

Tout d’abord il y eu une première tentative en mars 1943. Elle échoua car la marée n’était pas favorable et causa l’arrestation de six hommes, suivie de déportations.

Enfin, le 22 novembre 1943, profitant de la relève d’un gardien du phare des Roches-Douvres, La Horaine prit le chemin de Dartmouth au lieu de revenir à Lézardieux.

Notons que, c’est le lieutenant André Cann et l’ingénieur des ponts et chaussées André Le Bras qui était alors le responsable local du Service des phares et balises mais aussi, membre du réseau Cohors-Asturies, qui organisa cette opération nommées La Horaine.

André Le Bras coordonateur de l'évasion
André Le Bras coordonateur de l’évasion

Ils subtilisèrent des bidons de mazout aux allemands, et partirent par une mer belle. Pendant ce temps, au phare des Roches-Douvres; où il y avait 3 soldats allemands, le gardien, leur complice, les attendait. Il embarqua pour la prétendue relève et ils firent route vers Lézardieux jusqu’à être perdu de vue du phare où les allemands pouvaient les suivre. Ensuite, il firent faire cap à l’Ouest vers Gouermel.

C’est à cette manœuvre que le coup se décida, les 2 marins français assaillirent l’Allemand, ils utilisèrent du chloroforme et en un clin d’œil saucissonnèrent le soldat allemand.

L’arrivée de La Horaine sur la côte anglaise

Le lendemain à la pointe du jour, ils arrivèrent sur la côte Anglaise. A un moment donné, ils aperçurent un sillage blanc, c’était une vedette rapide anglaise venant droit sur eux, les 4 tubes de canons braqués.

Avec un haut-parleur, une voix en français sans accent procéda à l’arraisonnement: -“Quel bateau?” -“La Horaine” -“D’où venez-vous?” -“Lézardieux” -“Combien d’hommes?” -“5 hommes d’équipage plus un allemand prisonnier”

Et alors à cette réponse: -“Un boche alors?” -“Oui”.

A cet instant, ils virent les cannons se détourner et les marins Anglais danser la gigue sur le pont! -“Avez-vous besoin de quelque chose?” -“Non” -“Quelle vitesse?” -“10 noeuds” -“Suivez-nous” -“Nous avons mission pour Torquay” -“Ok”, suivez-nous”

La Horaine arriva finalement, au port de Dartmouth le 23 novembre au matin, l’équipage rejoignit les Forces Françaises libres et remit aux alliés de précieux documents collectés par le réseau Cohors-Asturies.

Le monument commémoratif de l'évasion de La Hauraine en novembre 1943,Photographie breizh22.eklablog.com
Le monument commémoratif de l’évasion de La Hauraine en novembre 1943, Photographie breizh22.eklablog.com

Malheureusement, la récupération d’un groupe de vingt personnes dont quatorze aviateurs alliés initialement prévue à l´îlot Istan, dans l’anse de Gouermel près de Plougrescant échoua de peu à cause de la mauvaise visibilité lors de la nuit du 22 novembre 1943.

L’Association La Hauraine

En 2008, après 50 ans de bons et loyaux services, les Domaines ont vendu la vedette.

La Horaine, photographie DDE Phares et Balises
La Horaine, photographie DDE Phares et Balises

Son nouveau propriétaire l’a faite labellisée BIP (Bateau d’intérêt patrimonial) par la Fondation du patrimoine maritime et fluvial en 2008 sous le no 333226 comme bateau de service. Puis, il a décidé de la revendre en 2012.

France-troc.com
France-troc.com

Francois Etesse et un groupe d’amis passionnés se sont alors mobilisés et l’ont acheté. Ils souhaitaient garder cette vedette à Paimpol pour en assurer la pérennité et tenter de la faire protéger au titre des Monuments Historiques.

François Etesse,Photographie Ouest France
François Etesse, Photographie Ouest France

Aussitôt, ils créèrent le 9 avril 2015, une association dans le but de la restaurer afin de pouvoir la faire naviguer.

L'association La Horaine
L’association La Horaine

Leurs projets étaient multiples. Par exemple, il mettraient en place des sorties scolaires qui permettraient aux enfants de se sensibiliser à la notion de patrimoine . Mais aussi, ils imaginaient pouvoir travailler avec l’office de tourisme, l’utiliser en bateau de sécurité lors des régates, faire des courses croisières ou même participer à des évènements nautiques ou historique de Paimpol. De plus, le moteur légendaire Baudouin DK6, serait aussi un atout pour les jeunes de l’école Maritime leur permettant d’élargir leurs connaissances.

Moteur BAUDOUIN DK6,Photographie Association La Horaine
Moteur BAUDOUIN DK6, Photographie Association La Horaine

Ils réalisèrent quelques petits travaux et La horaine, de cette façon fut prête pour participer aux festivités de l’été.

Inauguration de La Horaine à Paimpol, Photographie Le Télégramme
Inauguration de La Horaine à Paimpol, Photographie Le Télégramme

En juillet 2016 ils l’inaugurèrent. Paimpol allait garder ce bateau remarquable.

La Horaine,Photographie Association La Horaine
La Horaine, Photographie Association La Horaine

L’estimation des travaux

A la fin de la saison, ils sortirent La Horaine de l’eau et firent réaliser une série de devis afin de chiffrer le montant des réparations immédiates nécessaires.

Sortie de l'eau de La Horaine,Photographie Association La Horaine
Sortie de l’eau de La Horaine, Photographie Association La Horaine

En parallèle, l’association demanda une mesure de protection aux Monuments Historique, et un expert du Patrimoine se déplaça pour élaborer un planning de restauration.

Sortie de l'eau pour le carénage, photographie Association La Horaine
Sortie de l’eau pour le carénage, photographie Association La Horaine

Mais, très vite la trésorerie de l’association s’est montré trop juste.

Les travaux

Ils bâchèrent le bateau afin de protéger le pont arrière très endommagé et de le réparer. Malgré un budget serré, ils remirent dès le mois d’avril le bateau à l’eau fraichement repeint.

La Horaine, Photographie Association La Horaine
La Horaine, Photographie Association La Horaine

Enfin, en juillet 2018, leurs efforts furent récompensés. Un arrêté du 28 mai 2018 déclara la Hauraine La Horaine Monument Historique.

La Horaine, Monument Historique
La Horaine, Monument Historique

L’équipe reprenait confiance, leurs efforts portaient leurs fruits.

Or, quelques semaines plus tard, ils détectent des bruits suspects dans le moteur. Les essais de dépannage sur place se montrèrent sans effet. Il décidèrent alors de le sortir pour avoir accès aux parties basses du moteur.

Sortie du moteur Baudouin, Photographie Association La Horaine
Sortie du Moteur Baudouin, Photographie Association La Horaine

L’assosiassion envisagea d’acheter de moteur de même type, mais renonça. Conserver ce moteur historique d’origine était capital. Ensuite, ils sortirent le moteur de 1800 kg, une fois désaccouplé, démonté de ses supports. Puis, ils installèrent dans un local où il serait plus aisé de procéder à son dépannage et à sa remise en état général.

De surcroît, vint s’ajouter la nécessité de pomper environ 2000 litres d’eau encore présente dans les fonds, démonter de meubles de la timonerie, des manches à air, du capot d’accès au moteur mais aussi des chandeliers, du pot d’échappement du moteur…

La Horaine,Photographie Association La Horaine
La Horaine, Photographie Association La Horaine

Progressivement, l’étendue des dégâts grandissait. Comme toujours, une réparation en cache une autre… Les finances de l’association ne suivirent plus et le bateau se détériorait rapidement. Chaque réparation entrainait la découverte d’une autre à réaliser et ainsi de suite.

La Horaine en péril

Aujourd’hui, la vedette très délabrée est sur une cale. Elle a trouvé refuge auprès d’une autre unité, La Paimpolaise, dans le hangar des établissements Dauphin. Mais, le poids des années est bien là…

La Horaine mise sur cale,Photographie JM. Seigner
La Horaine mise sur cale Photographie JM. Seigner

Plus précisément, si les œuvres vives ont assez bien supporté les épreuves du temps, les œuvres mortes : pont, bastingage, cabine, ont souffert. Heureusement, ils avaient déposé le moteur emblématique au préalable, pour lui éviter l’immersion.

La Horaine,Photographie Association La Horaine
La Horaine, Photographie Association La Horaine

A ce jour, les chantiers navals spécialistes de la construction en bois ont visité le chantier et rendu leur verdict : en réalité, il va falloir prévoir 150 000 €, hors motorisation, pour refaire la timonerie, bordures et francs bord.

La Horaine,Photographie Ouest France
La Horaine, Photographie Ouest France

Bien que l’état va octroyer une aide , l’association doit faire l’avance du montant des travaux. C’est donc impossible et la situation est devenue critique.

Un appel au secours

Je me suis entretenue avec Yann Trebol, actuel président de l’association. Yann, propriétaire de la Paimpolaise Conserverie, entend fédérer et remotiver l’équipe pour restaurer le navire. Mais le temps passe, et ce groupe de passionné commence à perdre espoir. Il a mis en place un plan de sauvegarde de façon qu’ils puissent garder la bateau.

Yann Trebaol, Paimpelonaise Conserverie Photographie La Presse d'Armor
Yann Trebaol, Paimpelonaise Conserverie Photographie La Presse d’Armor

Les nombreuses tentatives faites pour rassembler des fonds, mais, on ne trouve pas une telle somme facilement. A Paimpol, tout le monde essai de trouver des solutions. Des artistes se mobilisent en organisant des tombolas. L’association demande également, des subventions à la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) , aux mairies, Département et Région. Mais il manque encore….

Aujourd’hui ,Yann commence à douter: « Il faut être efficace sinon autant laisser le bateau finir tranquillement sur une vasière ».

Voici le lien qui permet d’aider leur association, soit en faisant un don, soit en y adhérant.

https://www.helloasso.com/associations/association-la-horaine/formulaires/1/widget

Helloasso.com
Helloasso.com

Un don à Association LA HORAINE ouvre droit à une réduction fiscale car il remplit les conditions générales prévues aux articles 200, 238 bis et 978 du code général des impôts.

Bien sûr, nous sommes bien loin ici sur le Bassin d’Arcachon de toute cette histoire, mais ce bateau est aussi un élément marquant de NOTRE patrimoine naval.

Peut-être pouvons aider un peu?

Je remercie particulièrement Hervé Le Bruchec, François Etesse et Yann Trébaol. Ils ont répondu immédiatement avec beaucoup de gentillesse à mes demandes de renseignements. Ils sont impliqués, passionnés. J’espère de tout coeur que leurs efforts porteront leurs fruits.

http://www.histoiremaritimebretagnenord.fr/

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Le Léon Pauilhiac

Le Léon Pauilhiac

Le Léon-Pauilhac, construit pendant l’hiver 1896, appartenait Mme L. Pauilhac, Mr Georges Pauilhac et à Mr Antoine Calvet de la maison Bardou et Pauilhac, fabriquant du papier à cigarette Job.

Le Léon Pauilhac 2
Le Léon Pauilhac 2

Auparavant, ils possédaient au autre yacht du même nom de 147 tonneaux. Puis, ils le vendirent au mois d’octobre 1896 à Mr H.H Lees qui l’emmena en Angleterre. A la suite de quoi, ils firent construire le nouveau Léon Pauilhac de 310 tonneaux.

MM Pauilhac et Calvet demandèrent en premier lieu à l’architecte Ernest Nillus d’imaginer l’ébauche des premiers plans. Ensuite, grâce à une collaboration étroite avec ce dernier, c’est l’architecte William Henry Byrne  (1844-1817) qui à dessiné le plan définitif.

Le bateau fut construit aux chantiers navals Ramage et Ferguson de Leith.

Ramage & Ferguson,Leith
Ramage & Ferguson,Leith

Les dimensions du Léon Pauilhac

Tout d’abord il faut dire que ce yacht mesurait 51 mètres de long de bout en bout, 43 mètres à la flottaison pour 3.05 de tirant d’eau.

Léon Pauilhac, Le yacht 1897
Léon Pauilhac, Le yacht 1897

Globalement, les plans de ce beau steam-yacht furent une réussite. Aux essais il atteignit une vitesse supérieure à celle fixée dans son contrat de commande. Il a été relevé une vitesse de 13 noeuds à 126 tours et de 13,9 noeuds à 136 tours.

Les plans du Léon Pauilhac
Les plans du Léon Pauilhac

Les chantiers Ramage et Ferguson, réputés pour la qualité de leurs réalisations, avaient cimenté le yacht sur toute sa longueur jusqu’au contour inférieur des carlingues.

Les dimensions du steam-yacht
Les dimensions du steam-yacht

Mentionnons que la voilure était réalisée par Lapthorn et Rastey.

Egalement, à son bord, le Léon Pauilhac comptait 4 embarcations: Une chaloupe à vapeur avec machinerie de Simpson et Strickland Un canot à voiles insubmersible Une baleinière Un youyou

Evidemment, il était muni d’un guindeau à vapeur.

En outre, sa machine à triple expansion était particulièrement soignée dans sa conception. Elle comportait un appareil de changement de marche à vapeur, une pompe à air, une pompe alimentaire et une pompe de cale.

Sa chaudière de type marin était à simple foyer, horizontale, multitubulaire et mesurait 3.70 sur 3 mètres.

Elégance et confort

Ses aménagement étaient des plus élégants pour l’époque et garantissaient un confort parfait.

Sur le pont, entre les deux mâts, il y avait une cuisine, une salle à manger dotée d’un vestibule et deux descentes conduisant au salon.

Sous le pont, se trouvaient un salon, cinq chambres de maître, le logement des officiers et le poste de pilotage. Le salon était placé à l’arrière de la machine, les cabines étant à l’avant, dont celles des officiers à l’extrême avant.

Les appartements de la famille Pauilhac et ceux réservés à leurs hôtes étaient élégamment ornés. La table de salle à manger en chêne clair était entourées de sièges en cuir de Cordoue vert foncé. Le salon en acajou avec des meubles et tentures de satin réséda possédait un piano harmonium.

La chambre des propriétaires était en boisée satin et fourrure bleu. Deux autres chambres étaient en pitchpin frisé avec tapisserie de soie rose. La dernière enfin, était en érable avec tapisseries gris de fer.

Le Léon Pauilhac était entièrement éclairé à l’électricité. L’eau chaude ainsi que l’eau froide, circulaient dans toutes les parties du navire. De surcroît, un appareil à distillation fournissait 32 tonnes d’eau par 24 heures.

Le Léon Pauilhac quitte Leith

La mise à l’eau fut le 20 février 1897.

Monsieur Pauilhac décida de ramener la navire à son port d’attache Bordeaux. Il partit accompagné par son épouse, sa fille et son gendre Monsieur Marsan, professeur à l’école préparatoire de médecine de Toulouse. C’était leur voyage de noce.

Tout faisait présager aux propriétaires un agréable croisière, mais un évènement de mer modifia bien désagréablement leurs projets.

Mais, en quittant le golfe de Forth, le Léon-pauilhac voulut faire escale aux îles normandes. Et puis, par une véritable malchance, le bateau s’échoua sur les roches à l’entrée de jersey. Poussé par un vent violent d’ouest, il s’est jeté sur le rocher de la Renaudière dans la bais de Saint Aubin.

L'Avenir d'Arcachon, 17 juillet 1897
L’Avenir d’Arcachon, 17 juillet 1897

Les avaries furent assez grosses, l’eau étant entrée par l’avant y séjourna quelques heures et l’ameublement fut très détérioré. Des réparations sommaires furent faites, le yacht remis à flot, et au lieu de continuer sa route vers Bordeaux, il dut être ramené à Leith. La coque ni les machines n’avaient souffert. Tout se borna à refaire à neuf tout l’intérieur, tel qu’il avait été préalablement conçu.

EN suivant, de nouveaux essais furent faits et étant complètement satisfaisants, le yacht parti vers la en Méditerranée où il fut très remarqué.”

L’été à Arcachon

Les Pauilhac résidaient à la villa Claire à Arcachon, en front de mer.

La villa Claire située à coté du Yachting Club d'Arcachon
La villa Claire située à coté du Yachting Club d’Arcachon

La villa Claire était située sur le boulevard de la plage, à l’angle de la Rue Roger Expert. Villa détruite aujourd’hui et remplacée par la résidence Claire.

Villa Claire, coté boulevard de la plage.
Villa Claire, coté boulevard de la plage.

Un yacht pas vraiment fait pour naviguer sur le bassin….mais cependant, engénéral, pendant l’été, le yacht était au mouillage devant la villa Claire.

Tous les ans, lors de son arrivée, il saluait sa rentrée dans le Bassin d’Arcachon par des coups de canon.

Ainsi sur de nombreuse cartes postales, le Léon Pauilhac était immortalisé. En effet, il était durant les beaux jours un des yachts incontournables du bassin aux cotés de La Gazelle de Monsieur Demay ou de l’Oasis de Léon Lesca.

L'Avenir d'Arcachon
L’Avenir d’Arcachon

Mentionnons que Madame Pauilhac était d’une grande bonté pour les Arachonnais, elle “faisait du bien sans compter”. Le Léon Pauilhac en saison participait au bonheur des enfants pour lesquels étaient installés des balançoires et des trapèzes au dessus de l’eau sur les agrès.

Les enfants d'Arcachon venait jouer autour du Léon Pauilhac
Les enfants d’Arcachon venait jouer autour du Léon Pauilhac

Les grands événements nautiques

Durant la saison du yachting, le Léon Pauilhac naviguait sous le commandent du capitaine Legriffon, pour participer aux grandes fêtes nautique organisées . Par exemple, les régates de Cowes où il était régulièrement présent, les régates de Royan, d’Ostende et de Marseille en passant par Gibraltar. Aussi, il participait à “La Coupe de la Marine” entre Nice et Alger, organisée par l’Union des Yachts Français, et bien entendu les régates d’Arcachon dans la catégorie “Course des canots à vapeur”.

Les hivers à Bordeaux

Puis, en hiver il repartait au Bassin à flot de Bordeaux pour y être désarmé en attendant la saison suivante.

Le 18 juin 1903, alors qu’il était amarré à Lormont aux cotés du Petrel et du Vigilant, la goélette Perle qui descendait la Gironde à destination de Saint-Pierre-Miquelon via Lisbonne, l’aborda et l’avaria…Perle ayant manqué de virer par suite d’une fausse risée a été alors endommagé à l’étrave et aux bastingages.

Notons qu’en 1908, le Léon Pauilhac à changé de couleur, il est devenu blanc ( ce qui explique les différentes photographies).

Et le Léon Pauilhac partit

Puis, le Léon-Pauilhac connut plusieurs propriétaires et porta plusieurs noms.

En premier il fut vendu à Monsieur Pierre Letellier qui le rebaptisa Simoun. Il resta sur Arcachon puis, le 28 septembre 1912 parti pour Bayonne. La mer était grosse ce jour là et en entrant dans l’Amour, une vague le souleva. Son gouvernail fut éventé, l’hélice affolée et ne pouvant plus gouverner. Le Simoun en pleine vitesse s’est jeté sur les enrochements de la jetée sud. Il est resté quelques minutes à peine ainsi, mais sa quille fut endommagée et il dut partir en réparations.

Vers le mois de novembre il partit pour Monaco et ensuite entreprit une croisière sur les côtes de la Corse pour y passer les fêtes de fin d’année.

Plus tard, il partit pour Tanger . Puis, à nouveau vendu et revendu il devint Sakaria et Dargo.

Enfin, une compagnie égyptienne de transport de passagers le racheta. Alors, elle le rebaptisa Abdel Lateef Loufti et le 26 octobre 1936, en voyage d’Alexandrie à Mersa-Matrouh chargé de marchandises diverses, il coula à 3 miles d’Alexandrie.

A compléter….

Avec l’aide bienveillante de Jean-Paul Deyres.

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https://bassin-arcachon-patrimoine-naval-plaisance.fr/2021/01/03/monument-guyot-salins-cap-ferret-baleiniere-tempete/

Sources: Le Yacht, l’Avenir d’Arcachon, La Gazette d’Arcachon, Le Figaro, wreksite.eu, Retronews, Le Phare de la Loire, La Gironde, La petite Gironde, Les Sports Modernes, L’Echo de Paris, Le Petit Provencal, La Gazette de France, Gil Blas, L’écho Rochelais,

Le bateau parasol

Le bateau parasol

Le bateau parasol a reçu son nom de la forme de sa voile qui ressemble à s’y méprendre à un parasol japonais.

Le bateau parasol de Monsieur Pilcher. Photographie West and Son, à Gosport.
Le bateau parasol de Monsieur Pilcher. Photographie West and Son, à Gosport.

Le prototype

Cette voile et son gréement ont été imaginés vers 1897 par Monsieur Pilcher, grand spécialiste des navigations aériennes à cette époque. Ce bateau était en réalité un vieux canot de 5.15 mètres utilisé pour l’occasion.

On dit que, le jour des essais, le photographe qui suivait l’embarcation depuis un vapeur, prétendit qui filait à “10 noeuds”et que les spectateurs furent très intrigués par la vitesse à laquelle il se déplaçait.

10 noeuds????
10 noeuds????

Raisonablement, cette vitesse était certainement fausse… et oui, “e-navigation” n’existait pas encore là-bas..

Une voile en parasol

La voile elliptique se divisait en deux parties. Elle mesurait 9 mètres de longueur, 4.80 mètres de largeur pour une surface de 32 m2.

Elle était tendue et enverguée sur des rayons perpendiculaires au mât et fixés au mât par l’intermédiaire d’une articulation. Ces rayons maintenus en place par des haubans, étaient fixés à l’extrémité du rayon en deux points équidistants et situés entre le mât et cette extrémité. Les haubans situés sur un même cercle ayant le mât pour centre, se réunissaient en deux points du mât, l’un au-dessus et l’autre en dessous de la voile. De cette manière, la voile était tenue dans une position absolument fixe par rapport au mât.

C’est donc, en faisant varier la longueur des différents haubans que l’on pouvait lui donner exactement la forme de la surface souhaitée.

Aucune information existe sur la possibilité de prise de ris..

Le mât du parasol

Dans le pont était pratiquée une ouverture circulaire dont le centre se trouvait approximativement sur la verticale du centre de dérive. Un axe vertical fixé à la carlingue s’élevait en centre de cette ouverture. Sur cette axe un manchon était fixé par une tablette circulaire qui fermait l’ouverture du pont. Ce manchon tournant autour d’un axe vertical, avait à son pied un axe horizontal autour duquel oscillait le mât. Enfin, le mât traversait la table circulaire fixée autour du manchon dans une ouverture qui allait du centre au bord.

Alors, il pouvait prendre toutes les inclinaisons depuis la position verticale jusqu’a toucher le bord de l’échancrure du pont.

Ainsi, en en changeant l’azimut et l’inclinaison, on donnait à la voile les orientations qui correspondaient aux différentes allures et même, à la rigueur, diminuer l’emprise au vent.

En outre, pour virer de bord il était nécessaire de passer le mât d’un bord à l’autre symétriquement.

Le bateau parasol en navigation

Le journaliste de la revue Le Yacht, afin d’expliquer cet avantage offrait les quatre croquis suivants:

Figure 1 et 2
Figure 1 et 2

Avant tout, les figures 1 et 2 représentaient la projection horizontale et la projection sur le plan vertical transversal d’un bateau naviguant au plus près à la bande et voilé d’une brigantine.

Figure 3 et 4

Les figures 3 et 4 représentaient les mêmes projections, dans le cas où le bateau était muni d’une voile parasol de même surface et inclinée du même angle.

Ainsi les voiles ordinaires étaient inclinées du coté du vent sous le vent et les voiles parasol du coté du vent.

Un bateau parasol unique au monde?

Le Jouët 680 d'Edgar Daguier passant vers La Chapelle algérienne.
Le Jouët 680 d’Edgar Daguier passant vers La Chapelle algérienne.

Pour conclure, sur le Bassin d’Arcachon j’ai déjà croisé une embarcation légèrement ressemblante….

Edgar, avec une telle installation sur votre joli Jouët 680, peut-être que dans 120 ans un article vous sera consacré…!

Source: Le Yacht

Avec l’aide bienveillante de Jean-Paul Deyres.

Le Jouët 680 est celui d’Edgar Daguier.

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