La Horaine du chantier Auroux

La Horaine était une vedette du Service des Phares et Balises de Lézardieux, construite par le chantier Auroux en 1957.

La Horaine, chantier Auroux. Photographie Association La Horaine
La Horaine, chantier Auroux. Photographie Association La Horaine

En tout premier lieu, je consacre cet article à un association qui est entrain de se battre pour conserver ce navire.

Cette vedette à été construite par les parents de certains d’entre nous. Elle est en ce moment en péril. Par conséquent, je vous livre son histoire dans l’espoir de soutenir un groupe de passionnés à Paimpol.

Le chantier Auroux

Dès 1932, le chantier commença à construire des chasseurs de bélougas, puis une série de vedettes destinées au Service des Phares et balises, dont La Horaine, qui est une de ses dernières construction.

Le chantier Auroux à Arcachon
Le chantier Auroux à Arcachon

Elle constitue aujourd’hui un témoignage rare de navire de travail qui mérite d’être sauvegardé.

La Horaine, bateau BIP
La Horaine, bateau BIP

Dès 2008, la fondation nationale du Patrimoine maritime et fluvial lui a décerné le label « Bateau d’Intérêt Patrimonial ». Cette première reconnaissance a incité un groupe de passionnés à se mobiliser pour sauvegarder et faire vivre ce navire.

La Hauraine de Bréhat

A l’origine, La Horaine de Bréhat est un plateau rocheux qui s’étend à l’Est de l’île de Bréhat. En 1832 une première balise en bois y fut implantée, mais ne dura pas 15 jours. Par la suite, on installa une balise en fer en 1849 et en 1859.

Phare de La Horaine
Phare de La Horaine

La vedette La Horaine assurait les relèves des gardiens de phares des Roches-Douvres et du Grand Léjon, leur ravitaillement et l’entretien des signaux maritimes de 1957 à 2006.

Phares de la côte d'armoriales visâtes par La Horaine. Montage carte DIRM NAMO
Phares de la côte d’armoriales visâtes par La Horaine. Montage carte DIRM NAMO

C’est ainsi, en référence à cet ESM ( établissement de signalement maritime) que fut baptisée la vedette.

Le phare des Roches-Douvres

Le phare des Roches-Douvres ravitaillé par La Horaine, est situé à plus de 30 km de la côte, il est un des plus éloignés de France.

Remis en service en 1954, après un dynamitage en 1944, ce phare fut reconstruit dans des conditions très difficiles. Trois vedettes se sont perdues en essayant d’accoster durant sa construction.

La Horaine assurait par tous les temps, des traversées dangereuses et longues de plus de trois heures. Cette situation nécessitait une vedette d’une grande robustesse et fiabilité. Le chantier Auroux était spécialisé dans ce type d’embarcation.

Le phare des Roches-Douves, photographie Association La Horaine
Le phare des Roches-Douves, photographie Association La Horaine

Ajoutons que, ces gardiens des Phares et Balises étaient des hommes fiers de leur métier, fait de solitude et de dangerosité. La Horaine pendant des années était leur lien avec le reste du monde.

Extrait du film de Thierry Marchadier pour Fr3 Bretagne sur les Roches Douvres.

Victor Hugo décrivit leur isolement et l’inhospitabilité de cet endroit, dans son magnifique roman “Les travailleurs de la mer”.

“Aux Roches-Douvres, personne Les Oiseaux de mer sont là Des Roches-Douvres, on ne voit rien, Tel est l’isolement de ce rocher. Tout autour l’immense tourment des flots, La rafale, l’eau, la nuit, l’illimité, l’inhabilité”

Les caractéristiques de La Horaine

Tout d’abord il faut dire que La Horaine, réplique d’un patrouilleur côtier de la Royale Navy pendant la seconde guerre mondiale, avait une coque adaptée aux déplacements rapides dans de forts courants, tels qu’on les rencontre aux abords des phares des Triagozz et des Sept-Îles au large de Perros-Guirec.

La Horaine, Photographie La presse d'Armor
La Horaine Photographie La presse d’Armor

Construite en 1957 à Arcachon par les chantiers Auroux, elle mesure 15,6 mètres de long et 4,06 mètres de large. Sa longueur de flottaison est de 14,5 mètres, son tonnage est de 26,82 tjb, et, elle déplace environ 20 tonnes.

La Horaine, plan d'origine.
La Horaine, plan d’origine.

Sa coque est une construction en bois bordée à franc-bord, entièrement pontée, munie d’une timonerie légèrement sur l’arrière, au moteur central. La charpente est en chêne. Le pont et les hiloires sont en iroko, le bordé en acajou est posé sur des membrures en acacia ployées à la vapeur.

Photographie Association La Horaine
Photographie Association La Horaine

Son pont à teugue comprend un pont avant et un pont arrière situé à un niveau inférieur. Le pont avant est prolongé au même niveau par une superstructure permettant la ventilation et l’éclairage de la chambre des machines. Puis, cette superstructure se termine par une cabine, le poste de pilotage, ou timonerie. Cette timonerie était complétée par un auvent toilé recouvrant partiellement la baignoire arrière.

Poste de pilotage de La Horaine,Photographie Association La Horaine
Poste de pilotage de La Horaine, Photographie Association La Horaine

En 1997, les Domaines supprimèrent cette baignoire pour des raisons de sécurité. A l’origine elle était utilisée pour le transport des gardiens de phares lors des relèves (curieusement, ils n’allaient pas dans la cabine). Mais, à la suite d’une sortie avec une mer très forte, cette cale avait été inondée, le bateau avait coulé. Alors, cette cale fut enlevée et la cabine contenant la timonerie, rallongée.

La Horaine après travaux en 1997
La Horaine après travaux en 1997

Une voilure d’appoint, constituée d’un foc et d’une misaine à corne équipait également la vedette à ses débuts.

Un canot servant aux relèves des gardiens de phare fait partie de son armement.

La Horaine et son canot,Photographie Association La Horaine
La Horaine et son canot, Photographie Association La Horaine

De l’avant à l’arrière, elle comprend un puit à chaînes suivit d’un poste d’équipage avec des toilettes. Puis, un compartiment moteur, la timonerie et une plage arrière. Précisons que, sa coque comporte 4 cloisons étanches.

Un moteur Baudoin

Elle est équipée d’un moteur Diesel Baudouin DK6 à 6 cylindres, de 88kW à 1 000 tr/min entraînant une hélice à 3 pales de diamètre 840 mm au pas de 540 mm par l’intermédiaire d’un réducteur-inverseur.

Baudouin DK6,Photographie Association La Horaine
Baudouin DK6, Photographie Association La Horaine

Le démarrage du moteur s’effectue à l’air comprimé. Deux bouteilles d’air comprimé, permettant de 3 à 6 démarrages sont rechargées par le même cylindre moteur qui permet le lancement. Ce cylindre est ensuite remis en mode de fonctionnement normal, c’est-à-dire isolé du circuit d’air comprimé et alimenté en gazole. Des démarrages à froid réalisent les premières explosions, à l’aide de cigarettes d’allumage servant de bougies de préchauffage installées manuellement.

Moteur de La Horaine,Photographie Association La Horaine
Moteur de La Horaine, Photographie Association La Horaine

La lubrification du moteur est réalisée par barbotage, la partie supérieure étant huilée manuellement à l’aide d’une burette au niveau des rainures supérieures des culbuteurs avant le démarrage. Toutes les quatre heures de marche, le mécanicien appuie ensuite sur une pédale actionnant une pompe à huile.

La première La Horaine

Mais, il y eut une première vedette du même nom.

En effet, le chantier Auroux construisit la première La Horaine en 1938. Elle était plus petite, 13,50 mètres contre 15,50 mètres.

Cette toute première vedette connue pour ses faits de résistance et ses traversées de la Manche servit à rapatrier les alliés en novembre 1943 vers Dartmouth en Angleterre.

La vedette La Horaine, la première du nom, celle qui servit à l'évasion de 1943, renommée La Triagoz, photographiée en 1977 à Lézardrieux par François Jouas-Poutrel, gardien du phare des Roches-Douvres pendant 21 ans
La vedette La Horaine, la première du nom, celle qui servit à l’évasion de 1943, renommée La Triagoz, photographiée en 1977 à Lézardieux par François Jouas-Poutrel, gardien du phare des Roches-Douvrespendant 21 ans

Ensuite, renommée La Triagoz, elle a été attachée au port de Perros-Guirec pour terminer sa carrière. La Triagoz a effectué les relèves des phares des Sept-Îles et des Triagoz jusqu’en 1979.

L’évasion de la première La Horaine

L’appel du 18 juin 1940, fit naitre dans cette région de France une résistance acharnée. Ainsi naquit le réseau le réseau Cohors-Asturie qui ne cessa d’harceler l’ennemi jusque’ à la victoire. Alors, à partir de 1942, un service presque régulier fut créé à Carantec (Finistère) par monsieur Sibiril constructeur de navire.

Ernest Sibiril. Au t total, près de 200 aviateurs et agents de renseignements alliés, Résistants, et  Français libres en mission auront été exfiltrés vers l’Angleterre par le Réseau Sibiril.Photographie anacr.com
Ernest Sibiril. Au total, près de 200 aviateurs et agents de renseignements alliés, Résistants, et  Français libres en mission auront été exfiltrés vers l’Angleterre par le Réseau Sibiril. .Photographie anacr.com

Aidé de Marie-Thérèse Le Calvez qui servit de pilote à Plouha, une vedette rapide gauliste, ils venaient contacter les résistants et prendre et laisser du personnel ; les marins de ces vedettes appelaient cela, « Venir sentir des Crêpes ». Mais un jour “on” dénonça Monsieur Sibiril et il partit en exil en Angleterre début 1943.

Très vite, la résistance eut l’idée d’utiliser La Horaine.

18 personnes étaient aussi à prendre à Gouermel , dont 4 aviateurs Américains parachutés dans la Somme, il y avait aussi 2 officiers de marine Française. Les autres étaient des jeunes allant s’engager au F.F.L.

Il fallut former l’équipage sans donner l’éveil. A bord il y avait Charles Jézéquel, le gardien du phare descendant, Jean Le Meur, un autre gardien, le mécanicien de La Horaine Pierre Richard, son pilote Louis Thomas, Yvon Jézéquel, membre de l’équipage et un militaire allemand Karl qui fait prisonnier lors de cette évasion.

Jean Le Meur, gardien de phare aux Roches-Douvres, participa à l'évasion à bord de La Horaine
Jean Le Meur, gardien de phare aux Roches-Douvres, participa à l’évasion à bord de La Horaine

La traversée

Mentionnons que, le départ pour la Grande Bretagne, à la barbe des soldats allemands de la vedette La Horaine, constitue un exploit entré dans la légende après deux tentatives malheureuses.

Tout d’abord il y eu une première tentative en mars 1943. Elle échoua car la marée n’était pas favorable et causa l’arrestation de six hommes, suivie de déportations.

Enfin, le 22 novembre 1943, profitant de la relève d’un gardien du phare des Roches-Douvres, La Horaine prit le chemin de Dartmouth au lieu de revenir à Lézardieux.

Notons que, c’est le lieutenant André Cann et l’ingénieur des ponts et chaussées André Le Bras qui était alors le responsable local du Service des phares et balises mais aussi, membre du réseau Cohors-Asturies, qui organisa cette opération nommées La Horaine.

André Le Bras coordonateur de l'évasion
André Le Bras coordonateur de l’évasion

Ils subtilisèrent des bidons de mazout aux allemands, et partirent par une mer belle. Pendant ce temps, au phare des Roches-Douvres; où il y avait 3 soldats allemands, le gardien, leur complice, les attendait. Il embarqua pour la prétendue relève et ils firent route vers Lézardieux jusqu’à être perdu de vue du phare où les allemands pouvaient les suivre. Ensuite, il firent faire cap à l’Ouest vers Gouermel.

C’est à cette manœuvre que le coup se décida, les 2 marins français assaillirent l’Allemand, ils utilisèrent du chloroforme et en un clin d’œil saucissonnèrent le soldat allemand.

L’arrivée de La Horaine sur la côte anglaise

Le lendemain à la pointe du jour, ils arrivèrent sur la côte Anglaise. A un moment donné, ils aperçurent un sillage blanc, c’était une vedette rapide anglaise venant droit sur eux, les 4 tubes de canons braqués.

Avec un haut-parleur, une voix en français sans accent procéda à l’arraisonnement: -“Quel bateau?” -“La Horaine” -“D’où venez-vous?” -“Lézardieux” -“Combien d’hommes?” -“5 hommes d’équipage plus un allemand prisonnier”

Et alors à cette réponse: -“Un boche alors?” -“Oui”.

A cet instant, ils virent les cannons se détourner et les marins Anglais danser la gigue sur le pont! -“Avez-vous besoin de quelque chose?” -“Non” -“Quelle vitesse?” -“10 noeuds” -“Suivez-nous” -“Nous avons mission pour Torquay” -“Ok”, suivez-nous”

La Horaine arriva finalement, au port de Dartmouth le 23 novembre au matin, l’équipage rejoignit les Forces Françaises libres et remit aux alliés de précieux documents collectés par le réseau Cohors-Asturies.

Le monument commémoratif de l'évasion de La Hauraine en novembre 1943,Photographie breizh22.eklablog.com
Le monument commémoratif de l’évasion de La Hauraine en novembre 1943, Photographie breizh22.eklablog.com

Malheureusement, la récupération d’un groupe de vingt personnes dont quatorze aviateurs alliés initialement prévue à l´îlot Istan, dans l’anse de Gouermel près de Plougrescant échoua de peu à cause de la mauvaise visibilité lors de la nuit du 22 novembre 1943.

L’Association La Hauraine

En 2008, après 50 ans de bons et loyaux services, les Domaines ont vendu la vedette.

La Horaine, photographie DDE Phares et Balises
La Horaine, photographie DDE Phares et Balises

Son nouveau propriétaire l’a faite labellisée BIP (Bateau d’intérêt patrimonial) par la Fondation du patrimoine maritime et fluvial en 2008 sous le no 333226 comme bateau de service. Puis, il a décidé de la revendre en 2012.

France-troc.com
France-troc.com

Francois Etesse et un groupe d’amis passionnés se sont alors mobilisés et l’ont acheté. Ils souhaitaient garder cette vedette à Paimpol pour en assurer la pérennité et tenter de la faire protéger au titre des Monuments Historiques.

François Etesse,Photographie Ouest France
François Etesse, Photographie Ouest France

Aussitôt, ils créèrent le 9 avril 2015, une association dans le but de la restaurer afin de pouvoir la faire naviguer.

L'association La Horaine
L’association La Horaine

Leurs projets étaient multiples. Par exemple, il mettraient en place des sorties scolaires qui permettraient aux enfants de se sensibiliser à la notion de patrimoine . Mais aussi, ils imaginaient pouvoir travailler avec l’office de tourisme, l’utiliser en bateau de sécurité lors des régates, faire des courses croisières ou même participer à des évènements nautiques ou historique de Paimpol. De plus, le moteur légendaire Baudouin DK6, serait aussi un atout pour les jeunes de l’école Maritime leur permettant d’élargir leurs connaissances.

Moteur BAUDOUIN DK6,Photographie Association La Horaine
Moteur BAUDOUIN DK6, Photographie Association La Horaine

Ils réalisèrent quelques petits travaux et La horaine, de cette façon fut prête pour participer aux festivités de l’été.

Inauguration de La Horaine à Paimpol, Photographie Le Télégramme
Inauguration de La Horaine à Paimpol, Photographie Le Télégramme

En juillet 2016 ils l’inaugurèrent. Paimpol allait garder ce bateau remarquable.

La Horaine,Photographie Association La Horaine
La Horaine, Photographie Association La Horaine

L’estimation des travaux

A la fin de la saison, ils sortirent La Horaine de l’eau et firent réaliser une série de devis afin de chiffrer le montant des réparations immédiates nécessaires.

Sortie de l'eau de La Horaine,Photographie Association La Horaine
Sortie de l’eau de La Horaine, Photographie Association La Horaine

En parallèle, l’association demanda une mesure de protection aux Monuments Historique, et un expert du Patrimoine se déplaça pour élaborer un planning de restauration.

Sortie de l'eau pour le carénage, photographie Association La Horaine
Sortie de l’eau pour le carénage, photographie Association La Horaine

Mais, très vite la trésorerie de l’association s’est montré trop juste.

Les travaux

Ils bâchèrent le bateau afin de protéger le pont arrière très endommagé et de le réparer. Malgré un budget serré, ils remirent dès le mois d’avril le bateau à l’eau fraichement repeint.

La Horaine, Photographie Association La Horaine
La Horaine, Photographie Association La Horaine

Enfin, en juillet 2018, leurs efforts furent récompensés. Un arrêté du 28 mai 2018 déclara la Hauraine La Horaine Monument Historique.

La Horaine, Monument Historique
La Horaine, Monument Historique

L’équipe reprenait confiance, leurs efforts portaient leurs fruits.

Or, quelques semaines plus tard, ils détectent des bruits suspects dans le moteur. Les essais de dépannage sur place se montrèrent sans effet. Il décidèrent alors de le sortir pour avoir accès aux parties basses du moteur.

Sortie du moteur Baudouin, Photographie Association La Horaine
Sortie du Moteur Baudouin, Photographie Association La Horaine

L’assosiassion envisagea d’acheter de moteur de même type, mais renonça. Conserver ce moteur historique d’origine était capital. Ensuite, ils sortirent le moteur de 1800 kg, une fois désaccouplé, démonté de ses supports. Puis, ils installèrent dans un local où il serait plus aisé de procéder à son dépannage et à sa remise en état général.

De surcroît, vint s’ajouter la nécessité de pomper environ 2000 litres d’eau encore présente dans les fonds, démonter de meubles de la timonerie, des manches à air, du capot d’accès au moteur mais aussi des chandeliers, du pot d’échappement du moteur…

La Horaine,Photographie Association La Horaine
La Horaine, Photographie Association La Horaine

Progressivement, l’étendue des dégâts grandissait. Comme toujours, une réparation en cache une autre… Les finances de l’association ne suivirent plus et le bateau se détériorait rapidement. Chaque réparation entrainait la découverte d’une autre à réaliser et ainsi de suite.

La Horaine en péril

Aujourd’hui, la vedette très délabrée est sur une cale. Elle a trouvé refuge auprès d’une autre unité, La Paimpolaise, dans le hangar des établissements Dauphin. Mais, le poids des années est bien là…

La Horaine mise sur cale,Photographie JM. Seigner
La Horaine mise sur cale Photographie JM. Seigner

Plus précisément, si les œuvres vives ont assez bien supporté les épreuves du temps, les œuvres mortes : pont, bastingage, cabine, ont souffert. Heureusement, ils avaient déposé le moteur emblématique au préalable, pour lui éviter l’immersion.

La Horaine,Photographie Association La Horaine
La Horaine, Photographie Association La Horaine

A ce jour, les chantiers navals spécialistes de la construction en bois ont visité le chantier et rendu leur verdict : en réalité, il va falloir prévoir 150 000 €, hors motorisation, pour refaire la timonerie, bordures et francs bord.

La Horaine,Photographie Ouest France
La Horaine, Photographie Ouest France

Bien que l’état va octroyer une aide , l’association doit faire l’avance du montant des travaux. C’est donc impossible et la situation est devenue critique.

Un appel au secours

Je me suis entretenue avec Yann Trebol, actuel président de l’association. Yann, propriétaire de la Paimpolaise Conserverie, entend fédérer et remotiver l’équipe pour restaurer le navire. Mais le temps passe, et ce groupe de passionné commence à perdre espoir. Il a mis en place un plan de sauvegarde de façon qu’ils puissent garder la bateau.

Yann Trebaol, Paimpelonaise Conserverie Photographie La Presse d'Armor
Yann Trebaol, Paimpelonaise Conserverie Photographie La Presse d’Armor

Les nombreuses tentatives faites pour rassembler des fonds, mais, on ne trouve pas une telle somme facilement. A Paimpol, tout le monde essai de trouver des solutions. Des artistes se mobilisent en organisant des tombolas. L’association demande également, des subventions à la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) , aux mairies, Département et Région. Mais il manque encore….

Aujourd’hui ,Yann commence à douter: « Il faut être efficace sinon autant laisser le bateau finir tranquillement sur une vasière ».

Voici le lien qui permet d’aider leur association, soit en faisant un don, soit en y adhérant.

https://www.helloasso.com/associations/association-la-horaine/formulaires/1/widget

Helloasso.com
Helloasso.com

Un don à Association LA HORAINE ouvre droit à une réduction fiscale car il remplit les conditions générales prévues aux articles 200, 238 bis et 978 du code général des impôts.

Bien sûr, nous sommes bien loin ici sur le Bassin d’Arcachon de toute cette histoire, mais ce bateau est aussi un élément marquant de NOTRE patrimoine naval.

Peut-être pouvons aider un peu?

Je remercie particulièrement Hervé Le Bruchec, François Etesse et Yann Trébaol. Ils ont répondu immédiatement avec beaucoup de gentillesse à mes demandes de renseignements. Ils sont impliqués, passionnés. J’espère de tout coeur que leurs efforts porteront leurs fruits.

http://www.histoiremaritimebretagnenord.fr/

https://www.letelegramme.fr

https://lahoraine.blogspot.com

https://actu.fr/bretagnel

https://www.chasse-maree.com

https://www.ouest-france.fr

https://bassin-arcachon-patrimoine-naval-plaisance.fr/2021/04/11/almee-ii/

https://www.facebook.com/arcanavigation

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Léon Morane atterrit à l’Île aux Oiseaux…

Léon Morane atterrit à l’Île aux Oiseaux…

Léon Morane devant atterrir à l’Île aux Oiseaux, fut une des grands évènement de l’année 1910.

Paul Morane survolant le Bassin d'Arcachon. Septembre 1910
Paul Morane survolant le Bassin d’Arcachon. Septembre 1910

La grande semaine de l’aviation de Bordeaux

Ce fut l’un des derniers grands meetings aériens organisés en France, au cours de l’année 1910.

Affiche officielle du meeting de Bordeaux en 1910. Collection CAEA
Affiche officielle du meeting de Bordeaux en 1910. Collection CAEA

La Grande semaine de Bordeaux, du 11 au 18 septembre, se déroula sur un site nommé Beau-Désert près de Mérignac, un terrain qui deviendra plus tard célèbre.

Réservé aux seules aéroplanes, c’était la Compagnie aérienne du Sud-Ouest et l’Aéro-Club de France qui le finançaient.

Plusieurs épreuves richement dotées le constituaient, dont la fameuse Coupe Michelin et cette année là, un Cross-Country disputé pour la première fois comme course Bordeaux-Arcachon.

Aérodrome de Beau-Désert à Mérignac.
Aérodrome de Beau-Désert à Mérignac.

Toutes les grandes écuries françaises répondirent présents aux organisateurs. Les Sociétés Antoinette, Clément-bayard, Blériot, Henry Farman, Sommier y participèrent ainsi que 36 aviateurs dont Léon Morane sur Blériot XI.

Léon Morane, la révélation de 1910

Six mois avant, Léon Morane était inconnu du public.

Léon Morane
Léon Morane

Il s’est révélé lors de ce meeting par des exploits extraordinaires en hauteur, vitesse, voyage et vol avec passager. Alors, en quelques vols, il devint champion sur monoplan Blériot et sa renommée dépassa largement nos frontières.

L’île aux oiseaux, aérodrome d’un jour..

Ainsi, bien avant ESSO qui tenta d’annexer l’Île aux Oiseaux, l’espace d’une journée, notre île fétiche devait servir de piste d’atterrissage…

Monsieur P. Journu, de l’Aéro-Club de France, et Monsieur Verliac, président du Comité d’aviation de Beau-Désert, avaient choisi Île aux Oiseaux comme point d’attérissage, pour un cross-country aérien de Mérignac à Arcachon.

L’évènement exceptionnel séduisit immédiatement. Par exemple, Monsieur Deutsch de la Meurthe, industriel notoire ( propriétaire de la société des pétroles Jupiter (1922) puis Shell France après une fusion avec la Shell en 1948), grand sponsor à l’époque de l’aviation, offrit la somme de 5000 francs au record de vitesse, plus une coupe de 5000 francs.

Henry Deutsch de la Meurthe
Henry Deutsch de la Meurthe

La ville d’Arcachon aussi contribua largement en offrant la somme de 5000 francs. A cela s’ajoutèrent des souscriptions particulières d’un montant de 2400 francs, ce qui fit un total de 17 400 francs. Cette aventure contribuait au prestige de la ville nouvelle.

L’Ile aux oiseaux, située à 1 kilomètre de la plage d’Arcachon, représentait quelque soit la marée, 200 hectares de terre ferme. Il était donc surement possible de tenter cet exploit!

Le projet était au départ fixé pour la date du 11 septembre 1910, mais, au grand mécontentement de la population arcachonnaise, dixit un journaliste de l’époque, Monsieur Veyrier-Monatgnères décida de la date du mercredi 14 septembre.

A gauche,Pierre Dignac  maire de La Teste, à droite, James Veyrier Montagnères maire d'Arcachon
A gauche,Pierre Dignac maire de La Teste, à droite, James Veyrier Montagnères maire d’Arcachon

Monsieur Dignac, maire de La Teste, demanda à 8 gendarmes d’assurer le service d’ordre.
Alors, six engagements furent annoncés par l’Aéro-Club.

La course Bordeaux-Arcachon

Les aviateurs devaient partir de Mérignac, au rythme d’un toutes les trois minutes. La durée du trajet jusqu’à Arcachon, était estimée à environ 40 minutes.

Ainsi, à 3h47, Léon Morane prit le premier départ. Il prit un angle de décollage rapide, s’éleva dans un angle très accentué et prit la direction du Bassin d’Arcachon.

Léon Morane dans son Blériot XI au décollage de Beau-Désert en 1910
Léon Morane dans son Blériot XI au décollage de Beau-Désert en 1910

Depuis Mérignac, la foule le vit disparaitre, il devint rapidement juste un petit point noir à l’horizon, jusqu’à disparaitre des regards. L’aviateur Legagnieux parti 3 minutes après sur son Blériot en ne prenant pas la même route. L’aviateur Tyck prit son départ à 3h59 suivit par le lieutenant Rémy, à 4h 34 sur un biplan Ferman.

Léon Morane, mit donc 28 minutes pour rejoindre Arcachon, soit, 44 kilomètres à vol d’oiseau.

Atterissage sur l’île ou pas?

Dès 4h12, il fut aperçu survolant Taussat à environ 400 mètres d’altitude. Puis, depuis la terrasse du casino, on aperçut un point noir passer au dessus d’Ares.

Dans un article de l’Avenir d’Arcachon un journaliste décrivit la scène: “On dirait le vol d’un grand goéland, ou plutôt d’un aigle échappé de son aire”.

Malheureusement et à la surprise générale, il passa rapidement par le travers de l’Île aux Oiseaux et décrivit une gracieuse courbe vers le Grand-Hôtel.

La plage devant le Grand-Hôtel d'Arcachon
La plage devant le Grand-Hôtel d’Arcachon

A cet instant précis, il coupa son allumage et descendit tout à coup en planant à 150 mètres d’altitude, vers la villa Claire où l’on peut imaginer Madame Pauilhac, sur la terrasse entourée de ses invités, assistant à l’évènement.

La villa Claire de la famille Pauilhac.
La villa Claire de la famille Pauilhac.

Enfin, il survola la plage où la foule l’attendait et l’acclamait.

“L’oiseau, vu de près, s’est transformé en une belle et onduleuse libellule, dont on distingue les ailes, le gouvernail qui forme une queue, les pattes qui sont des roues. Entre les ailes est assis l’homme-oiseau. Sur le poitrail de l’appareil gronde un puissant ronronnement.”

Le spectacle fut grandiose et féerique. A l’occasion, profitant d’une jolie brise d’ouest, une flottille d’environ 200 bateaux toutes voiles hissées, paradait au soleil.

“Sitôt passé le casino, Morane s’élève rapidement dans une progression qui le reporte à 400 mètres d’altitude. Il redevient un point dans l’éther, et disparait à l’horizon.”

Toute l’après midi, les Arcachonnais attendirent en vain les autres aviateurs.

Ainsi, Léon Morane n’a jamais atterri sur l’île aux oiseaux comme le projet le prévoyait. Nul ne sait pourquoi. Il gagna cependant les somme de 6OOO francs.

Un retour grandiose

En même temps, un coup de téléphone apprenait à Mérignac que Morane venait de survoler le Grand-Hôtel d’Arcachon à 4h14.

Léon Morane n’atterrît pas sur ‘Île comme prévu, mais son exploit, dépassant la crainte du danger marqua à jamais les spectateurs.

Lemogneux est rentré à Mérignac très rapidement car il s’est trompé de direction. Il est en effet, parti trop au nord, et en voyant l’océan, il vira au dessus de l’étang de Lacanau. Puis, l’idée lui vint de longer la côte pour descendre vers Arcachon, mais la brume était trop intense et il préféra revenir à Mérignac.

Léon Morane revint en vainqueur. Il atterrit devant le hangar de Beau-Désir devant une foule immense et des ovations délirantes. Il avait mis 31 minutes pour le retour, soit 59 minute pour un aller retour!

L’aviateur Tyck, revint sans avoir trouvé Arcachon, le soleil levant et la brume l’empêchant de trouver sa route. Le lieutenant Rémy lui aussi rebroussa chemin.

Léon Morane Collection CAEA
Léon Morane Collection CAEA

Morane, sur son Blériot était donc le triomphateur de cette épreuve.

Ajoutons que, le journal La petite Gironde, mentionna avec moquerie, que Monsieur Veyrier-Montagnères , le “si dévoué Maire”, fit un “gueuleton” à l’Île aux Oiseaux en attendant les pilotes qui n’arrivèrent jamais.

Sources: hydroretro.net, l’Avenir d’Arcachon, Arcachon-Journal, L’Auto-vélo, la Petite Gironde

Aclou / http://www.ile-aux-oiseaux.org/  Arcachon journal L’Avenir d’Arcachon

https://bassin-arcachon-patrimoine-naval-plaisance.fr/2021/01/04/bruno-marchais-artiste-peintre-marines-bassin-arcachon-pinasse-arcoa-bassin-arcachon/

https://www.facebook.com/arcanavigation,

Le canot à moteur Dadin

Le canot à moteur Dadin

Le canot à moteur Dadin est une création des ateliers Couach. Son propriétaire, Monsieur Renou de Juan-les-Pins, en reçu livraison en mars 1912.

Le canot à moteur Dadin. Photographie Lavergne
Le canot à moteur Dadin. Photographie Lavergne

Ainsi, ce canot-automobile était un cruiser très confortable , construit pour naviguer dans une mer agitée.

Il mesurait 9 mètres de long, 2,10 mètres de large avec un tirant d’eau de 0,70 mètre à l’arrière.

Notons que, à la demande des ateliers Couach ce sont les Pêcheries de l’Océan dont le responsable était Monsieur Grange qui construisirent la coque. Bordée en khangel, tous ses aménagements intérieurs étaient en teck.

Dadin , moteur Couach

Moteur Couach de 12 HP du Dadin
Moteur Couach de 12 HP du Dadin

Le moteur Couach en photographie ci-dessous, était un 12 HP à 4 cylindres et à 4 temps, de 100m/m d’alésage et de 120 m/m de course. Il tournait au régime de 550 tours.

Ainsi, la vitesse réalisée aux essais par le canot à moteur Dadin était très supérieure aux conditions du marché. Après avoir été acheminé par voie terrestre jusqu’à Nice, il gagna son port d’attache, Juan-les-Pins, distant de 28 km en 1H40, soit à la vitesse de 9 noueds.

L’histoire dit que Monsieur Renou a témoigné aussitôt à la maison Couach son entière satisfaction.

Alors, on peut imaginer ce canot-automobile faire sensation dans cette nouvelle station balnéaire de l’époque…..

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Source: Le Yacht

Une bataille de fleurs sur le bassin

Une bataille de fleurs sur le bassin

Une bataille de fleurs sur le Bassin d’Arcachon a été imaginé par la Société des Régates et de la Voile d’Arcachon. Elle l’organisa le 11 septembre 1898.

Une bataille de fleurs en 1898 à Arcachon
Une bataille de fleurs en 1898 à Arcachon

Une bataille de fleurs sur le bassin inédite en France

Cette fête originale était inédite en France.

Ce jour là, le temps était superbe et, la Société de la Voile , le Yachting Club, l’aviron Arcachonnais réunis sous le patronage du Maire d’Arcachon, Monsieur James Veyrier Montagnères, ont pus se féliciter de leur immense succès.

Ainsi, parallèlement à la plage, à marée basse, un pont monté sur des bacs de 300 mètres de long à été installé. Au centre, une jetée de 150 mètres reliait la tribune d’honneur à la terre et permettait au public de se rendre sur le pont.

Les yachts pavoisés, enguirlandés de fleurs et de feuillage, mouillaient à 60 mètres du pont environ. L’effet était féerique! Aux yachts s’étaient associés d’autres bateaux parmi les différentes sociétés nautiques.

Une bataille de fleurs sur le Bassin d'Arcachon
Une bataille de fleurs sur le Bassin d’Arcachon

Notons que, Guillaume Alaux le célèbre artiste peintre prêta main forte et décora la trirème de la S.V.A. L’Aviron Arcachonnais décora ses yoles avec goût.

Aussi, il y avait en tout, plus de 200 embarcations décorées, toutes couvertes de fleurs, portant des dames et des jeunes filles aux élégantes toilettes qui circulaient entre les tribunes et les yachts.

La bataille de fleurs très animée dura pendant plus de 4 heures. Pendant ce temps, la Linette et la Société des Voiles échangeaient 21 coups de canon et à chaque tir la foule tressautait sur le pont et la plage.

Parmi toutes les embarcations, celle du Docteur Fernand Lalesque littéralement recouverte de fleurs naturelles était une des plus admirées. Un immense cygne blanc conduit par une dame des plus élégantes émerveillait le public.

Une fête vénitienne compromise

Le soir était prévu une grande fête vénitienne, mais malheureusement, une forte brise empêcha d’illuminer les nombreux yachts.

Seul le Léon Pauilhac illuminé éclairait la plage et les embarcations voisines. Il réalisa des projections électriques sur la foule et sur la plage. Puis, o lança de nombreuses fusées du Yachting Club et des les chalets du bord de mer.

Ce fut une magnifique journée…..

Et aujourd’hui…?

Qu’ajouter? Sinon qu’a cette époque, un lien fort un issait les différentes sociétés, le mélange des “genres” ne choquait pas.

Imaginerions nous aujourd’hui les bateaux à moteurs, les voiliers modernes, les voiliers bois, les scooters des mers, les pinasses, l’aviron, les paddles tous réunis pour participer à une grande fête nautique?

Ok, je m’égare…..

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Source : Le Yacht

Avec l’aide bienveillante de Jean-Paul Deyres

La pinasse Kimata

La pinasse Kimata

La pinasse Kimata de Madame Dupuy de Paris, a été construite chez Bonnin frères, d’Arcachon, en 1931. Notons que, c’est Joseph Guédon qui en avait dessiné les plans.

La pinasse Kimata du chantier Bonnin, Arcachon
La pinasse Kimata du chantier Bonnin, Arcachon

La pinasse Kimata, sa conception

Elle était conçue sur le principe des deux angles de chaque bords et à plans droits qui caractérisaient ce modèle tout spécial et déposé.

Ses dimensions étaient: Longueur totale 13.80 mètres Longueur de flottaison 12.34 mètres Largeur extrême hors bordé 2.73 mètres Creux 1.10 mètre Tirant d’eau 0.65 mètre

Les aménagements

Ses aménagements étaient des plus confortables pour un Day boat. Ils consistaient en un poste avant pour abriter un marin, et d’un cockpit de 2.75 mètres . De plus, son tillac surélevé permettait de placer plusieurs fauteuils.

Deux marches permettaient d’accéder à la cabine d’une longueur totale de 3.50 mètres, au salon de 2.60 mètres meublé de deux larges sofas de deux mètres. Il y avait également des étagères et des caissons aménagés sous les sofas prévus pour le rangement. Une petite pièce de 0.80, communiquant avec l’arrière. Elle contenait un WC à pompe, un cabinet de toilette, à nouveaux des armoires et une penderie.

Un grand cockpit occupait l’arrière où se trouvaient des banquettes circulaires.

Aussi, les moteurs étaient installés en abord et immédiatement après la cloison du roof. La timonerie était à tribord. Le patron en manoeuvrant son gouvernail, avait sous la main la commande des deux groupes marins qui étaient deux 4 cylindres de 20 / 25 cv Baudoin. Précisons qu’une dynamo commandée par un des moteurs fournirait l’éclairage.

Les arbres d’hélice, tuyautages et accessoires étaient en bronze. Ajoutons que, la vitesse en ordre de marche était exactement de 10 noeuds.

Ainsi, la pinasse Kimata, lancée le 30 mars dernier, a navigué pendant 15 jours à l’occasion des fêtes de Pâques. Au cours de deux mois et demi de navigations régulières sur le Bassin ou de fréquentes sorties à la mer, sous le commandement du patron au bornage et capitaine de chalutiers Monsieur Ragues, elle a donné des preuves de qualités nautiques et de tenue comparables à celles d’un bateau de sauvetage.

Un nouveau modèle satisfaisant

Les chantiers Bonnin ont construit en 1928 sur ce modèle, une pinasse de 12.50 mètres pour Monsieur Gonfreville. Puis en 1930 une de 12.50 mètres pour Madame Lacroix de Bordeaux. En 1931 une autre pinasse de 12.50 mètres pour Monsieur Grima.

Enfin, toutes établies sur les plans du modèle de Joseph Guédon, se faisaient remarquer sur le Bassin d’Arcachon par leur élégance et leur tenue, donnant à tous égards pleine satisfaction à leur propriétaire.

Source Le Yacht

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Les canots à dérive d’Arcachon

Les canots à dérive d’Arcachon étaient depuis longtemps très nombreux sur le bassin.

Les premières régates de canots à dérive

Ainsi, la Société de la Voile d’Arcachon, dès 1905, organisa des régates pour ces canots à dérive. Ils étaient classés en deux catégories d’après leur longueur totale: les 8 mètres et les 9 mètres au maximum. Leur voilure était libre et le spinnaker interdit. L’équipage était illimité, mais avec une seule personne à la barre qui devait être “amateur”.

Mab, Angelus,Bleuet, Fée aux Roses, Yokito. Photographie Léo Neveu.
Mab, Angelus,Bleuet, Fée aux Roses, Yokito. Photographie Léo Neveu.

Ainsi, ces régates ravissaient par leur spectacle régulier. Beaucoup de “yachting ladies” y participaient.

Un règlement de régate

La Société de la Voile d’Arcachon, face au succès grandissant des régates de ces canots, décida d’en établir un règlement. Notons que les clauses étaient les suivantes: “Les canots doivent être à dérive et avec un gouvernail au tableau. Ils seront grées en sloop, avec foc et grand voile. Il est interdit d’utiliser un spinnaker ou d’espérer un foc. La mâture pourra être creuse. L’équipage est limité à 4 personnes. Un amateur à la barre. Un homme salarié seul à bord.”

Les canots à dérive d'Arcachon Mab et Selika. Photographie Léo Neveu
Les canots à dérive d’Arcachon Mab et Selika. Photographie Léo Neveu.

Aux premières réunions de 1909, on voyait apparaitre 3 canots de 9 mètres: Le Bleuet de Monsieur René Loste, Angelus de Monsieur Exshaw construits tous les deux sur les plans de Joseph Guédon et Yokito de Monsieur Cloarec, construit sur ses propres plans. Notons que, Bleuet se classait facilement le meilleur.

Dans les 8 mètres, Mab de Monsieur André Balande, construit sur les plans de Joseph Guédon, gagnait tous les prix.

Dès 1910, la SVA apporta plusieurs nouvelles modifications au règlement. Par exemple, dans les canots de 8 mètres, la surface de voilure se limiterait à 60 m2, le tirant d’eau fixé à 0.50 mètre, et 4 personnes à bord.

Société de la Voile d'Arcachon
Société de la Voile d’Arcachon

Monsieur Daniel Guestier commanda le seul canot de 9 mètres à Joseph Guédon. Fée-aux-Roses, conduit par Monsieur Guestier et fils, gagnait 5 premiers prix et un second sur 7 départs donnés par la S.V.A.

Dans les 8 mètres, un nouveau canot Fantasia, de Monsieur Bickel, ne parvint à égaler Mab qui, malgré la réduction de sa voilure et de son tirant d’eau, gagnait tous les premiers prix.

Les canots à dérive d'Arcachon Angelus et Fée-aux-Roses. Photographie Léo Neveu.
Les canots à dérive d’Arcachon Angelus et Fée-aux-Roses. Photographie Léo Neveu.

Priorité aux régates..

Il faut souligner que, comme il fallait s’y attendre, la supériorité de ces nouveaux bateaux était telle, que tous les anciens canots s’abstenaient, au grand regret des amateurs de ces séries…

En effet, les anciens canots ne répondaient plus au vrai but que la Société de la Voile d’Arcachon s’était fixée. En effet, au fils du temps, ils étaient devenus de vrais yachts luxueux. Leur grand cockpit pouvait accueillir aisément 10 personnes. Tandis que, ceux de Joseph Guédon, avaient une étrave et le tableau perpendiculaires sur l’eau. Leur ligne de flottaison était un peu creuse à l’avant. Le tableau arrière émergeait d’environ 0.10 mètre.

Voici la description de Fée-aux-Roses, le canot plus rapide: Longueur totale 8.99 mètres Longueur de flottaison 8.65 mètres Largeur sur le pont 2.23 mètres Tirant d’eau 0.49 mètre

A compléter…

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Source: Le Yacht

Le cutter Valentine

Le cutter Valentine

Le cutter Valentine a été construit en 1898 pour Madame Renouard d’Arcachon.

Elle choisit Joseph Guédon pour en dessiner les plans et le chantier naval Bonnin, fils & Cie qui était encore à Lormont, pour le construire.

Le cutter Valentine de Madame Renouard naviguant sur le Bassin d'Arcachon
Le cutter Valentine de Madame Renouard naviguant sur le Bassin d’Arcachon

Voici ses dimensions:

Les dimensions du cutter Valentine
Les dimensions du cutter Valentine

Notons que, c’est Monsieur Alain, voilier à Bordeaux qui a été retenu pour la voilure magnifique de ce cutter.

Le cutter Valentine était un cruiser rapide très remarqué. Il faisait partie d’une série de 4 bateaux, pratiquement identiques. Le premier de cette série fut Manon . Bien évidemment, sur un plan de Joseph Guédon, architecte naval numéro 1 de cette époque.

Joseph Guédon qui dessina  Valentine
Joseph Guédon qui dessina Valentine

La série a commencé en 1896 avec Manon appartenant à Monsieur Dours de Bayonne puis revendu à Monsieur Motelay. Suivirent Paulette de Monsieur Guiraud et Mousko de Monsieur Ferrière et enfin Valentine.

Ainsi, Valentine avait des lignes très fines, très suivies, dignes d’un véritable racer. Ses résultats en régates étaient excellents. Sur le Bassin d’Arcachon, malgré le clapotis, il portait sa toile admirablement. Son propriétaire pouvait naviguer par tous les temps, même parfois très mauvais en sécurité. Il confiait: ” ce qui est la meilleure façon de connaitre et d’aimer son yacht”.

Grâce à ses dimensions relativement grandes, le cutter Valentine possédait une cabine suffisante pour abriter ses passagers en cas de pluie.

Valentine, Manon et les autres, représentaient le yacht idéal.

Source Le Yacht

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Le Léon Pauilhiac

Le Léon Pauilhiac

Le Léon-Pauilhac, construit pendant l’hiver 1896, appartenait Mme L. Pauilhac, Mr Georges Pauilhac et à Mr Antoine Calvet de la maison Bardou et Pauilhac, fabriquant du papier à cigarette Job.

Le Léon Pauilhac 2
Le Léon Pauilhac 2

Auparavant, ils possédaient au autre yacht du même nom de 147 tonneaux. Puis, ils le vendirent au mois d’octobre 1896 à Mr H.H Lees qui l’emmena en Angleterre. A la suite de quoi, ils firent construire le nouveau Léon Pauilhac de 310 tonneaux.

MM Pauilhac et Calvet demandèrent en premier lieu à l’architecte Ernest Nillus d’imaginer l’ébauche des premiers plans. Ensuite, grâce à une collaboration étroite avec ce dernier, c’est l’architecte William Henry Byrne  (1844-1817) qui à dessiné le plan définitif.

Le bateau fut construit aux chantiers navals Ramage et Ferguson de Leith.

Ramage & Ferguson,Leith
Ramage & Ferguson,Leith

Les dimensions du Léon Pauilhac

Tout d’abord il faut dire que ce yacht mesurait 51 mètres de long de bout en bout, 43 mètres à la flottaison pour 3.05 de tirant d’eau.

Léon Pauilhac, Le yacht 1897
Léon Pauilhac, Le yacht 1897

Globalement, les plans de ce beau steam-yacht furent une réussite. Aux essais il atteignit une vitesse supérieure à celle fixée dans son contrat de commande. Il a été relevé une vitesse de 13 noeuds à 126 tours et de 13,9 noeuds à 136 tours.

Les plans du Léon Pauilhac
Les plans du Léon Pauilhac

Les chantiers Ramage et Ferguson, réputés pour la qualité de leurs réalisations, avaient cimenté le yacht sur toute sa longueur jusqu’au contour inférieur des carlingues.

Les dimensions du steam-yacht
Les dimensions du steam-yacht

Mentionnons que la voilure était réalisée par Lapthorn et Rastey.

Egalement, à son bord, le Léon Pauilhac comptait 4 embarcations: Une chaloupe à vapeur avec machinerie de Simpson et Strickland Un canot à voiles insubmersible Une baleinière Un youyou

Evidemment, il était muni d’un guindeau à vapeur.

En outre, sa machine à triple expansion était particulièrement soignée dans sa conception. Elle comportait un appareil de changement de marche à vapeur, une pompe à air, une pompe alimentaire et une pompe de cale.

Sa chaudière de type marin était à simple foyer, horizontale, multitubulaire et mesurait 3.70 sur 3 mètres.

Elégance et confort

Ses aménagement étaient des plus élégants pour l’époque et garantissaient un confort parfait.

Sur le pont, entre les deux mâts, il y avait une cuisine, une salle à manger dotée d’un vestibule et deux descentes conduisant au salon.

Sous le pont, se trouvaient un salon, cinq chambres de maître, le logement des officiers et le poste de pilotage. Le salon était placé à l’arrière de la machine, les cabines étant à l’avant, dont celles des officiers à l’extrême avant.

Les appartements de la famille Pauilhac et ceux réservés à leurs hôtes étaient élégamment ornés. La table de salle à manger en chêne clair était entourées de sièges en cuir de Cordoue vert foncé. Le salon en acajou avec des meubles et tentures de satin réséda possédait un piano harmonium.

La chambre des propriétaires était en boisée satin et fourrure bleu. Deux autres chambres étaient en pitchpin frisé avec tapisserie de soie rose. La dernière enfin, était en érable avec tapisseries gris de fer.

Le Léon Pauilhac était entièrement éclairé à l’électricité. L’eau chaude ainsi que l’eau froide, circulaient dans toutes les parties du navire. De surcroît, un appareil à distillation fournissait 32 tonnes d’eau par 24 heures.

Le Léon Pauilhac quitte Leith

La mise à l’eau fut le 20 février 1897.

Monsieur Pauilhac décida de ramener la navire à son port d’attache Bordeaux. Il partit accompagné par son épouse, sa fille et son gendre Monsieur Marsan, professeur à l’école préparatoire de médecine de Toulouse. C’était leur voyage de noce.

Tout faisait présager aux propriétaires un agréable croisière, mais un évènement de mer modifia bien désagréablement leurs projets.

Mais, en quittant le golfe de Forth, le Léon-pauilhac voulut faire escale aux îles normandes. Et puis, par une véritable malchance, le bateau s’échoua sur les roches à l’entrée de jersey. Poussé par un vent violent d’ouest, il s’est jeté sur le rocher de la Renaudière dans la bais de Saint Aubin.

L'Avenir d'Arcachon, 17 juillet 1897
L’Avenir d’Arcachon, 17 juillet 1897

Les avaries furent assez grosses, l’eau étant entrée par l’avant y séjourna quelques heures et l’ameublement fut très détérioré. Des réparations sommaires furent faites, le yacht remis à flot, et au lieu de continuer sa route vers Bordeaux, il dut être ramené à Leith. La coque ni les machines n’avaient souffert. Tout se borna à refaire à neuf tout l’intérieur, tel qu’il avait été préalablement conçu.

EN suivant, de nouveaux essais furent faits et étant complètement satisfaisants, le yacht parti vers la en Méditerranée où il fut très remarqué.”

L’été à Arcachon

Les Pauilhac résidaient à la villa Claire à Arcachon, en front de mer.

La villa Claire située à coté du Yachting Club d'Arcachon
La villa Claire située à coté du Yachting Club d’Arcachon

La villa Claire était située sur le boulevard de la plage, à l’angle de la Rue Roger Expert. Villa détruite aujourd’hui et remplacée par la résidence Claire.

Villa Claire, coté boulevard de la plage.
Villa Claire, coté boulevard de la plage.

Un yacht pas vraiment fait pour naviguer sur le bassin….mais cependant, engénéral, pendant l’été, le yacht était au mouillage devant la villa Claire.

Tous les ans, lors de son arrivée, il saluait sa rentrée dans le Bassin d’Arcachon par des coups de canon.

Ainsi sur de nombreuse cartes postales, le Léon Pauilhac était immortalisé. En effet, il était durant les beaux jours un des yachts incontournables du bassin aux cotés de La Gazelle de Monsieur Demay ou de l’Oasis de Léon Lesca.

L'Avenir d'Arcachon
L’Avenir d’Arcachon

Mentionnons que Madame Pauilhac était d’une grande bonté pour les Arachonnais, elle “faisait du bien sans compter”. Le Léon Pauilhac en saison participait au bonheur des enfants pour lesquels étaient installés des balançoires et des trapèzes au dessus de l’eau sur les agrès.

Les enfants d'Arcachon venait jouer autour du Léon Pauilhac
Les enfants d’Arcachon venait jouer autour du Léon Pauilhac

Les grands événements nautiques

Durant la saison du yachting, le Léon Pauilhac naviguait sous le commandent du capitaine Legriffon, pour participer aux grandes fêtes nautique organisées . Par exemple, les régates de Cowes où il était régulièrement présent, les régates de Royan, d’Ostende et de Marseille en passant par Gibraltar. Aussi, il participait à “La Coupe de la Marine” entre Nice et Alger, organisée par l’Union des Yachts Français, et bien entendu les régates d’Arcachon dans la catégorie “Course des canots à vapeur”.

Les hivers à Bordeaux

Puis, en hiver il repartait au Bassin à flot de Bordeaux pour y être désarmé en attendant la saison suivante.

Le 18 juin 1903, alors qu’il était amarré à Lormont aux cotés du Petrel et du Vigilant, la goélette Perle qui descendait la Gironde à destination de Saint-Pierre-Miquelon via Lisbonne, l’aborda et l’avaria…Perle ayant manqué de virer par suite d’une fausse risée a été alors endommagé à l’étrave et aux bastingages.

Notons qu’en 1908, le Léon Pauilhac à changé de couleur, il est devenu blanc ( ce qui explique les différentes photographies).

Et le Léon Pauilhac partit

Puis, le Léon-Pauilhac connut plusieurs propriétaires et porta plusieurs noms.

En premier il fut vendu à Monsieur Pierre Letellier qui le rebaptisa Simoun. Il resta sur Arcachon puis, le 28 septembre 1912 parti pour Bayonne. La mer était grosse ce jour là et en entrant dans l’Amour, une vague le souleva. Son gouvernail fut éventé, l’hélice affolée et ne pouvant plus gouverner. Le Simoun en pleine vitesse s’est jeté sur les enrochements de la jetée sud. Il est resté quelques minutes à peine ainsi, mais sa quille fut endommagée et il dut partir en réparations.

Vers le mois de novembre il partit pour Monaco et ensuite entreprit une croisière sur les côtes de la Corse pour y passer les fêtes de fin d’année.

Plus tard, il partit pour Tanger . Puis, à nouveau vendu et revendu il devint Sakaria et Dargo.

Enfin, une compagnie égyptienne de transport de passagers le racheta. Alors, elle le rebaptisa Abdel Lateef Loufti et le 26 octobre 1936, en voyage d’Alexandrie à Mersa-Matrouh chargé de marchandises diverses, il coula à 3 miles d’Alexandrie.

A compléter….

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Sources: Le Yacht, l’Avenir d’Arcachon, La Gazette d’Arcachon, Le Figaro, wreksite.eu, Retronews, Le Phare de la Loire, La Gironde, La petite Gironde, Les Sports Modernes, L’Echo de Paris, Le Petit Provencal, La Gazette de France, Gil Blas, L’écho Rochelais,

Le yacht Peau-Rouge lors de la régate Arcachon-La Rochelle

CVA, son véritable ancêtre CVA?

La véritable ancêtre du CVA est-elle la Société des Régates ou la Société de la Voile d’Arcachon?

Aujourd’hui, on ne cite que 1882, date de la création de la Société de la Voile d’Arcachon suivie par la Société de la Voile et de l’Automobile d’Arcachon (1905-1933), comme étant la véritable ancêtre du CVA.

Mais l’histoire du yachting à Arcachon a-t’elle vraiment commencé là?

Le début des régates

Alors, remontons dans le temps…

Les régates d’Arcahon ont commencé dès juillet 1841 sous l’impulsion de Gaillard. Les marins entre eux sur leurs tilloles se confrontaient amicalement.

Puis, dès 1852 le style changea avec l’arrivée des yachtmen Bordelais qui organisèrent des régates de prestige. La jeune ligne de chemin de fer aidant, Arcachon acceuillait des foules considérables pour assister aux spectacles nautiques. 

L’un des actionnaires de la compagnie, Nathaniel Johnston y regnait en « suzerain » à bord de son yacht La Fée aux Roses.

Adalbert Deganne

Source Leonc.fr
Adalbert Deganne, initiateur du véritable ancêtre du CVA? Source Leonc.fr

Adalbert Deganne est l’oublié d’Arcachon…

C’est à la suite d’un chagrin d’amour qu’Adalbert Deganne est venu dans le sud-ouest. Originaire d’une famille modeste, avide de réussite, il fut l’instigateur avec les frères Pereire du prolongement de la ligne de chemin de fer de La Teste à Arcachon.

Grand propriétaire terrien grâce à la dot de son épouse, fondateur avec les frères Pereire de la ville d’Arcachon, mais détesté par Alphonse Lamarque, son ennemi pour toujours, il n’obtint pas la reconnaissance qu’il méritait malgré tout son engagement.

A deux reprises, Maire d’Arcachon, ce visionnaire, consacra sa vie à promouvoir notre ville. Grand amateur d’art, ce personnage extravagant, fier de sa réussite sociale était cependant, généreux et charitable avec les plus démunis.

Il offrit  les orgues de Notre-Dame, fit construire des grandes avenues, l’Olympia, des villas, le collège qui deviendra Saint-Elme et le Château Deganne.

Mai sil fut détesté par Alphonse Lamarque de Plaisance contre qui durant des années il se heurta. Les frères Pereire aussi lui volèrent la vedette. Adalbert Deganne sera le mal aimé et un peu l’oublié de l’histoire d’Arcachon car sa personnalité et son comportement tapageur dérangeaient fortement.

Adalbert Deganne savait qu’il fallait faire venir “les étrangers” afin d’établir la renommée d’une ville. Cet homme qui aimait s’entourer de la bourgeoisie et de l’aristocratie bordelaise, mit tout en oeuvre afin de les attirer à Arcachon.

Il y consacra sa vie sur tous les fronts et par exemple, il créa en 1866 la Société des Régates dont il fut le premier président.

Son engagement dans la plaisance fera d’Arcachon une des premières Société Nautique de France. 

Les prémices du CVA?

Ainsi, Adalbert Deganne en créant la Société des Regates en 1866 fut le véritable détonateur de notre patrimoine naval. 

Alors, cette année là, conseiller municipal d’Arcachon, il instaura des fêtes somptueuses qui eurent beaucoup de succès. La foule était nombreuse à venir admirer le spectacle nautique qui n’était organisé au début qu’à l’intérieur du Bassin.

Diverses catégories d’embarcations étaient admises à régater. 

Source Gallica
Source Gallica

Puis, le 4 mai 1873, sous la présidence d’Alfred Guérard, lieutenant de vaisseau, successeur d’Adalbert Deganne, la société modifia ses règlements et devint le Yachting Club d’Arcachon. 

Les régates internationales

Dans les mois qui suivirent, des régates internationales d’Arcachon à La Rochelle, les plus longues de l’époque, furent lancées.

Le yacht Peau-Rouge lors d'une régates d'Arcachon à La Rochelle
Le yacht Peau-Rouge lors d’une régates d’Arcachon à La Rochelle

Alors, les plus grands amateurs de plaisance avec enthousiasme s’y joignirent et l’état avec bienveillance  escorta la flotte avec un de ses avisos.

La presse critiqua  en pretextant que cela ne presentait pas un grand intérêt car le spectacle se passait loin des côtes… Mais ce fut une extraordinaire publicité pour Arcachon nouvelle station balnéaire. 

En outre, ces régates ont permis de donner une impulsion aux constructions nautiques de grandes dimensions. C’est à ce moment historique que nos  chantiers navals ont explosé.

De plus,  la fréquence des régates ainsi que les diverses récompenses prix qui étaient offerts aux gagnants attirerent tous les grands noms du yachting de l’époque. Ils arrivèrent avec les plus beaux yachts tels que les sloops Zampa de Monsieur Demay, Eva de Monsieur Fonade, Peau-Rouge, tous  construits à Bordeaux et les autres .

Le cutter-yacht Zampa
Le cutter-yacht Zampa

Ainsi, en 5 ans ont été distribué: 37.345 francs, 110 médailles d’or, d’argent et de bronze, des objets d’art, des jumelles marines. 

Eva, le yacht de Monsieur Fonade
Eva, le yacht de Monsieur Fonade

Ces prix pour la plupart provenaient d’éminents patronages, des subventions des Ministres de la Marine et des beaux-arts, des sénateurs et des députés de la Gironde, de la ville d’Arcachon, des cercles des régates de bordeaux et d’Arcachon, des pêcheries de l’Océan, de Monsieur Lesca et de quelques yachtmenparmi lesquels Messieurs Demay, Paris et Fonade…

La Société des régates n’est-elle donc pas la véritable ancêtre du CVA?

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Source: L’Avenir d’Arcachon, Le yacht, Les Sociétés Nautiques du Nord

Avec l’aide bienveillante de Jean-Paul Deyres.

Constellation, son histoire sur le Bassin d’Arcachon

Constellation, son histoire sur le Bassin d’Arcachon

Constellation, sa belle aventure sur le Bassin d’Arcachon racontée par Jean-François Mandeix.

Jean-François Mandeix à l'origine de la venue de Constellation.
Jean-François Mandeix.

Avant propos sur Constellation

Je remercie vivement Gilles et Françoise Minos qui m’ont permis de rencontrer Jean-François Mandeix et son épouse Michèle en septembre 2017. Ils m’ont accueilli pour me raconter l’histoire du bateau Constellation offert à l’école Saint Elme par le Baron Bich. Voici la version réelle des conditions dans lesquelles le voilier du baron Bich est arrivé à Arcachon. Ainsi, sans Jean-François Mandeix et Monsieur Dupin cette histoire n’aurait jamais existé… Puis, les mois ont passé, le montage du texte était long, il nécessitait des corrections, et puis…. Monsieur Mandeix nous a quitté en avril 2018. J’ai alors décidé de garder ce texte en attente d’apaisement. Aujourd’hui je vous le livre. Nathalie sa fille, Christophe son fils, Gilles, Françoise et Alain Minos, Robin Fenestre……………( autres noms en attente)….. m’ont aidé afin de vous restituer au plus juste les faits. Avec beaucoup d’émotions le voici….

Constellation le 12 mJI, vainqueur de la Coupe de l'America en 1964
Constellation le 12 mJI, vainqueur de la Coupe de l’America en 1964

L’arrivée à Saint Elme de Constelletion

Au retour de la guerre d’Algérie, Monsieur Mandeix fut contacté par sa sœur pour remplacer  un professeur d’éducation physique de Saint Elme souffrant, des vacances de Pâques jusqu’au mois de juillet.

À cette époque les Dominicains  géraient encore l’établissement et à son arrivée,  ils  eurent l’idée de lui proposer de relancer une section voile en souvenir de la vocation première de Saint Elme.

Le lycée Saint Elme, Arcachon
Le lycée Saint Elme, Arcachon.

Autrefois Saint Elme était une école de formation d’officiers de Marine destinés à servir dans la Marine Marchande de Commerce.

Saint Elme était à l’origine un « noviciat maritime » préparant les garçons de 11 à 18 ans aux écoles de navigation. Fondé par des Frères Dominicains Enseignants d’Arcueil en 1869 sous le nom d’Ecole Centrale Maritime. C’est devenu ensuite l’établissement d’enseignement général renommé que nous connaissons aujourd’hui.

Le yacht pontifical Immaculata Concezzione, offert par le Pape lui même.
Le yacht pontifical Immaculata Concezzione, offert par le Pape lui même.

Les élèves disposaient pour leur formation d’un voilier. Ce fut successivement le côtre Saint-Elme, la goélette L’Eclipse, le 3-mâts-barque Saint-Elme et enfin le yacht pontifical Immaculata Concezzione, offert par le Pape.

Dès son arrivée à Arcachon, Monsieur Mandeix rencontra Monsieur Fongofier, qui avait un club sur la plage et qui lui proposa, pour l’été de l’aider. Rien dans ses projets ne lui avait laissé imaginer s’installer définitivement à Arcachon…

Jean-François Mandeix était alors jeune marié, cette opportunité de rester à Arcachon était l’idéal pour lui et sa future famille.

Les cours de voile s’organisèrent

Des entreprises locales immédiatement séduites,  décidèrent de participer à ce projet:

Les Pêcheries Nouvelles qui avaient de gros chalutiers,  offrirent des bateaux de sauvetage à clins; deux frères charpentiers de marine du petit port (l’immeuble en bas à gauche de la rue des Marins) installèrent les dérives et la voilerie Claverie (d’Arcachon) offrit les mâts et les voiles.

 A Saint Elme, le programme d’éducation physique prévoyait 3 heures en plein air par semaine, un des frères Dominicains organisa des cours de kayak pendant que Monsieur Mandeix encadrait les cours de voile.

Monsieur Couach séduit lui aussi par cette initiative fit préparer un 5.20  équipé d’un mât  et d’un moteur puissant pour encadrer les chaloupes.

Pendant des années les cours continuèrent ainsi.

En parallèle à son club de plage “Les Dauphins”,Monsieur Mandeix avait monté une petite école de voile sur Optimist pour l’été.

Au fils des années, la section voile de l’école prenait de l’ampleur et Monsieur Mandeix demanda au président gestionnaire de l’établissement, monsieur Dupin ( propriétaire du cinéma l’Eden) un nouveau voilier.

Constellation

Les finances ne le permettant pas, Monsieur Dupin eut l’idée d’écrire au mécène de l’école, le baron Bich, ancien élève de l’école de 1923 à 1931, dont une salle porte son nom.

Le baron Bich, photographie Voiles et voiliers
Le baron Bich a offert Constellation, le 12m JI, photographie Voiles et voiliers.

Le baron  avait déjà offert le laboratoire de sciences … peut être aurait-il, venant de racheter la Société Dufour, un bateau non commercialisable à céder…

Quelques jours après, alors qu’il était en cours, Monsieur Mandeix reçu un appel téléphonique du secrétariat du baron.

Très surpris et ayant du mal à croire à l’authenticité de cet appel, il demanda à être rappelé plus tard. À midi  le téléphone sonna  à nouveau et la secrétaire de Monsieur Bich lui dit :  « On ne refuse pas de parler au baron Bich ! » Le baron repris la communication et dit à Monsieur Mandeix : « difficile de vous avoir Monsieur Mandeix, je vais vous donner un bateau, un seul, mais un  superbe ! »

La condition était d’envoyer trois élèves à Newport (Rhode Island) de juin à septembre afin de les tester. Deux familles ont immédiatement accepté cette proposition tout en sachant que l’année scolaire serait perdue et l’examen au bac impossible, mais, devant une telle opportunité ils ne pouvaient refuser.

Olivier Onarato et Robin Fenestre, Journal S0
Olivier Onarato et Robin Fenestre, Journal S0

L’objectif était de les entraîner sur deux bateaux: France 1 et France 3.

Un équipage français pour la coupe de l’America

Le “Président” comme l’appelaient les garçons, avait en tête l’idée de les former pour la coupe de l’America et de faire de son ancienne école une pépinière pour ses futurs équipages. Le bassin offrait la possibilité de former les élèves et peut être de gagner cette coupe…

Sport-études sur Constellation
Sport-études sur Constellation

Le Baron Bich a participé à 4 coupes de l’America. Sans sa passion et sa persévérance, la Coupe de l’America n’aurait probablement jamais accueilli d’équipages français pour affronter le Defender américain ! 

La Coupe de l’America, crée en 1851, est une compétition nautique internationale hors norme dans laquelle se confrontent à l’origine d’une manière “amicale” les Yacht Clubs de différentes nations.

La france est devenue challenger grâce à la personnalité extraordinaire du Baron Bich, dans la lignée de Sir Thomas Lipton, entrepreneur de génie et gentleman. Sa première participation date de 1970 et c’est à cette occasion qu’il a fait construire France 1 sur le plan de l’architecte marseillais André Mauric et par les chantiers navals Egger de Pontarlier. (France 1 est classé Monument Historique depuis le 1° février 1992).

Le départ des garçons

Mi juin, finalement 2 jeunes partirent.

Un monde extraordinaire les attendait. A Newport ils allaient rencontrer les plus grands et plus puissants industriels du monde. Une société de milliardaires passionnés de voile. Cette coupe de l’America leur permet de se mesurer sur un autre terrain de jeu pour soulever le trophée, une aiguière en argent ciselé, forgée par l’orfèvre Robert Garrard. 

Les garçons ont ainsi navigué avec les plus grands noms de la voile mondiale, et fréquenté lors des innombrables soirées organisées par les challengers des personnes parmi les plus puissantes de la planète… C’est d’ailleurs, le couturier Guy Laroche ( propriété du Baron Bich) qui les habillait sur mesure. Pantalon blanc, blazer bleu marine, chemise blanche à fines rayures bleus, cravatebleu marine avec l’insigne de l’AFCA (Association française pour la Coupe de l’ America) , fondée en 1965 par Marcel Bich).

Les lycéens à Newport

Le premier mois de leur présence à Newport ils ont participé à la préparation des triangles olympiques à bord d’un tender. Les entrainements consistaient à reproduire à l’identique le parcours qui serait réalisé pour la coupe de l’America.

Le soir lorsqu’ils rentraient au port, les bateaux étaient sortis de l’eau chacun dans le “sheb” (hangar), chaque challenger maintenait le secret de son bateau…

Ils ont participé le mois suivant aux math racing qui sont des entrainements. Robin naviguait sur France 1 et sur France 2 alternativement. France 2 se montrant fort décevant aux entrainements, c’est France 1 avec Bruno Troublé,  double sélectionné olympique, qui participera à la course de 1977. Après des aménagements pour satisfaire aux nouveaux règlements, cockpits rendus étanches et le plan de voilure est légèrement modifié il fut prêt.. Bruno Troublé reprenait ainsi la barre de l’ancien voilier et gagna quelques régates lors des sélections, mais il fut éliminé avant la finale.

L’arrivée de Monsieur Mandeix à Newport

 Début août 1977 le baron enchanté par les deux élèves, appela Monsieur Mandeix. « votre billet d’avion est acheté je vous attends la semaine prochaine à New Port».

Un ami est venu le remplacer en pleine saison pour gérer le club de plage, un autre ami lui a obtenu un passeport en quelques jours, et il put partir.

Madame Bich en personne arriva en Rolls-Royce à l’aéroport le chercher.

Tous les jours le baron travaillait pour ses entreprises (une centaine à l’époque). Il s’y consacrait de 3 heures à 8h du matin et le reste de la journée était consacrée à la navigation.

A l’issue de cette rencontre extraordinaire, Monsieur Bich, persuadé de pouvoir mener à bien son projet, décida d’offrir «Constellation» qui se trouvait à Hyères. Olivier et Robin étaient prêts à transmettre leurs connaissances aux élèves de Saint Elme.

Constellation offert par le Baron Bich au lycée Saint Elme d'Arcachon
Constellation offert par le Baron Bich au lycée Saint Elme d’Arcachon

Le 12 MJI

Constellation ( (US 20) remporta la Coupe de l’America en 1964 au dépend de Sovereign (Challenger Anglais) ). Marcel Bich  l’avait racheté pour servir de lièvre à “France”.

Le 12 m JI fut dessiné par l’architecte Olin Stephens. Comme James Boyd (Sovereign), ayant le même amour de la navigation, ils construisirent des bateaux d’exception pour conserver la coupe de l’America.

Olin Stephens architecte naval qui à dessiné Constellation vainqueur de la Coupe de l'América en 1964
Olin Stephens architecte naval qui à dessiné Constellation vainqueur de la Coupe de l’América en 1964

Olin Stephens architecte naval américain, était passionné de voile dès son plus jeune âge. Il dessina entre autres le voilier Dorade en 1931 à l’occasion d’une course transatlantique.

Ce voilier était extraordinaire. Il faisait 21 mètres de longueur, 3,20 mètres de maître-bau, 3,10 mètres de tirant d’eau, avec un mât de 28 mètres, pour un total 28 tonnes. Il permettrait aux élèves de Saint Elme de s’entraîner pour devenir de futurs équipiers de la Coupe de l’America.

Cependant,Monsieur Mandeix refusa en premier. Il savait que la navigation dans le Bassin serait très difficile avec un tel bateau.

L’arrivée de Constellation

Le Baron Bich en avait décidé ainsi, et dès le lendemain Constellation arriva.

L'arrivée devant le Rally à Arcachon du 12m JI Constellation, Journal SO
L’arrivée devant le Rally à Arcachon du 12m JI Constellation, Journal SO

Deux jours avant l’arrivée de Constellation, une équipe qui était à Newport, envoyée par Marcel Bich est venue à Arcachon. Ils arrivèrent dans une 504 break et séjournèrent dans un hôtel du port de plaisance.

Dès le lendemain, les garçons les ont amené à l’emplacement de l’actuel CVA qui servait de rampe de mise à l’eau à cette époque. C’était marée haute, toute l’équipe admirative est dans la hâte de pouvoir naviguer sur un tel plan d’eau…..

La surprise

Le lendemain matin après le petit déjeuner tout le monde retourne à la rampe et surprise…. la marée est basse…. “Mais c’est quoi ce truc?” Ils commencent à regarder les cartes marines, et prennent conscience du peu de possibilité de naviguer avec un tel bateau…

L’arrivée par la route depuis Hyères organisée par l’entreprise Solanilla-Frères de Bordeaux fut un événement sans nul autre pareil.

Jean-François Mandeix était au port avec un groupe d’élèves pour accueillir Constellation. Il était immense! Un des anciens élève raconte: “Le mât est arrivé en premier, nous étions tous très impressionnés par sa longueur”.

Un spinnaker de 200m carré fut réalisé avec le blason de Saint Elme. Il était orné d’un phare, un soleil au dessus de la mer et la devise « Aides toi, le ciel t’aidera ».

Une fois le mat en place, les réglages effectués, Constellation put sortir du port.

Les 3m10 de tirant d’eau obligeaient à tenir compte des marées… Les voiles hissées il s’élença sur le Teychan en direction de la rade d’Eyrac.

Saint Elme en fête

Cérémonie de donation du voilier Constellation
Cérémonie de donation du voilier Constellation

Une fête extraordinaire fut organisée à l’école le samedi 21 octobre 1978. A l’occasion de cette soirée le baron qui était très humain et d’une grande sensibilité, s’adressa au jeunes de Sint Elme et leur dit. “Vous possédez un capital immense qui est votre jeunesse, je suis prêt à échanger ma fortune contre elle”

Monsieur Fleury, Maire d'Arcachon. Photo SO
Monsieur Fleury, Maire d’Arcachon. Photo SO

Le baron reçu des mains de Monsieur Fleury, Maire d’Arcachon, la médaille de vermeil de la ville.

Grande soirée organisée au lycée Saint Elme, Journal SO
Grande soirée organisée au lycée Saint Elme, Journal SO

A cette occasion il  acheta le château Ferrand à Saint-Hyppolite et les grands crus coulèrent à flot. 

Article du journal SO.
Article du journal SO.

Le « tout Arcachon » était présent…

Grand pavois pour le Baron Bich au lycée Saint Elme. Photo SO
Grand pavois pour le Baron Bich au lycée Saint Elme. Photo SO

Il navigue

Le Bassin d'Arcachon en fête pour l'arrivée de Constellation, Journal SO
Le Bassin d’Arcachon en fête pour l’arrivée de Constellation, Journal SO

Pendant une quinzaine de jours Constellation navigua sur le bassin. A chaque entrée et sortie, n’étant pas équipé de moteur, un remorqueur le prenait à couple. Avec ses 3m10 de tirant d’eau chaque entrée ou sortie était délicate.

Pierre, un ancien élève qui a navigué à deux reprises sur Constellation raconte. “C’était une bête qui glissait sans bruit sur l’eau et réagissait au moindre coup de barre. Par force 2 il filait déjà…..”.

Le 12 mJI Constellation naviguant sur le Bassin d'Arcachon, Journal SO
Le 12 mJI Constellation naviguant sur le Bassin d’Arcachon, Journal SO

“L’affaire Constellation”

Le Préfet Martime de l’époque appela Monsieur Mandeix. La réglementation interdisait un voilier de cette taille à naviguer dans les chenaux un tel voilier et imposait un équipage majeur.

Une longue série d’ échange de correspondance commença. Le Préfet proposa de faire une dérogation, mais les assurances n’en tenant pas compte, toute navigation devenait impossible. 

Article journal SO.
Article journal SO.
Et les problèmes commencèrent....Journal SO
Et les problèmes commencèrent….Journal SO

Monsieur Mandeix appela le baron pour lui exposer le problème. Justement il venait de recevoir une offre d’Angleterre pour acheter Constellation.

Le départ de Constellation d'Arcachon. Photo Neveu, Journal SO
Le départ de Constellation d’Arcachon. Photo Neveu, Journal SO

Les dernières photographies de Constellation avant son départ prises par Régine Rosenthal, Journal SO
Les dernières photographies de Constellation avant son départ prises par Régine Rosenthal, Journal SO

Le voilier du baron Bich, véritable Concorde de la mer partit en Angleterre. A l’occasion de son remorquage coula en mer du nord. 

Les Dufour

 Si bien qu’il offrit à la place 3 voiliers Dufour 2800CS. 

Ils sont arrivés de Charente Maritime par la route. 

Mise à l'eau des Dufour offert par le Baron Bich au lycée Saint Elme, Journal SO
Mise à l’eau des Dufour offert par le Baron Bich au lycée Saint Elme, Journal SO

Ils faisaient 8,60 mètres de longueur et 1,60  de tirant d’eau et leurs équipements en troisième catégorie était complets. Équipés de huit voiles différentes, d’appareils électroniques de navigation, ils étaient homologués pour recevoir de 5 à 8 personnes à bord. 

Perfectionniste à l’extrême, il envoya son skipper de l’America, Bruno Troublé, salarié de Dufour pour s’assurer de l’organisation. Il fit même choisir des batteries de cuisines aux insignes de la marque….!

Voilier Dufour à l'entrainement sur la Bassin d'Arcachon,  Nathalie Mandeix à bord!
Voilier Dufour à l’entrainement sur la Bassin d’Arcachon, Nathalie Mandeix à bord!

Ces voiliers allaient permettre d’aborder la croisière côtière. Ils purent participer à la semaine de la voile de La Rochelle ainsi que de partir naviguer  en Bretagne ou en Espagne.

Finalement deux Dufour sont arrivés et à la place du troisième le baron offrit de refaire le clocher de l’école.

A La Rochelle deux places étaient réservées sur le ponton Dufour sur simple appel de l’équipage…

Voilier Dufour à l'entrainement sur la Bassin d'Arcachon
Voilier Dufour à l’entrainement sur la Bassin d’Arcachon

Changement de cap

Après cela, au niveau interne, l’ancien directeur de Saint Elme, hostile depuis le départ à ce projet, enleva les heures de voile données par l’académie à Monsieur Mandeix. Il les transforma en heures d’anglais! (Mentionnons que dans bien des écrits une version différente et flatteuse est avancée, j’espère que mon article permettra de rétablir les choses.)

La situation financière résistait car Monsieur Mandeix avait créé un club de voile en parallèle. Il lui permettait de subvenir aux dépenses courantes sans que l’école soit mise à contribution. Mais à force, les déplacements coûtaient cher. L’idée lui vint de proposer à Nautic-service d’échanger un Dufour contre deux Fun afin de participer l’année suivante aux championnats du monde de La Rochelle.

Enfin, la transaction a à moitié échoué et Monsieur Mandeix acheta un des deux Fun.

Au retour du championnat, lassé par les complications et les entraves il se lança dans le char à voile….

https://www.facebook.com/groups/688684661289456

https://bassin-arcachon-patrimoine-naval-plaisance.fr/wp-admin/post.php?post=674&action=edit

https://classicyachtinfo.com/designer/olin-j-stephens/

https://kiosque.sudouest.fr

https://voilesetvoiliers.ouest-france.fr/regate/coupe-de-l-america/les-premiers-12m-ji-francais-aae22789-4c0d-514c-9f87-31482cdbb5fa

https://www.bateaux.com/article/26024/francais-coupe-de-l-america-origines-a-nos-jours