Ombre-Blanche et Miramar II

Ombre-Blanche et Miramar II

Ombre-Blanche et Miramar II furent deux pinasses réalisées par le chantier Bonnin. Notons qu’elles étaient construites suivant les plans établis par Joseph Guédon, architecte naval, domicilié boulevard Chanzy.

Ombre-Blanche, chantier Bonnin 1932
Ombre-Blanche, chantier Bonnin 1932

Ainsi, les pinasses du Bassin d’Arcachon représentent en 1932 environ 4000 unités. Utilisées par les pêcheurs et les ostréiculteurs, elles ravissaient les yachtmen.

Ces deux pinasses étaient des canots automobiles de luxe. Ombre -Blanche appartenait à Monsieur Zhâ de Paris et Miramar II à René Cassagne de bordeaux.

Le chantier Bonnin les construisit en acajou avec des ferrures en bronze nickelé. Leurs dimensions étaient les suivantes: Longueur 10.55 mètres Largeur hors bordé 2.31 mètres Tirant d’eau 0.68 mètre Creux 0.88 mètre

Ombre-Blanche

Un moteur Altos, 4 cylindres de 12-18 cv propulsait la première, Ombre Blanche. Il donnait aux essais avec cinq personnes à bord, 9,30 noeuds.

Monsieur Zhâ, afin de s’assurer de ses qualités nautiques, partit d’Arcachon à l’entrée de l’Odet à Bénodet. Le temps était parfois très dur et le bateau à faible vitesse s’est comporté magnifiquement, tel un bateau de sauvetage.

Ses aménagements comportaient à l’avant, sous le pontage, deux caissons-couchettes pour les hommes d’équipage. Le cockpit avant accueillait huit personnes. Un capotage fermait complètement sa baignoire.

La cabine pouvait abriter cinq personnes assises. Un cabinet de toilette et un WC à pompe venait compléter son confort. Le timonier avait sous ses yeux un compas de route et, à la portée de sa main le levier de renversement de marche et la commande des gaz.

Miramar II

Miramar II, chantier Bonnin 1932
Miramar II, chantier Bonnin 1932

La pinasse Miramar II de Monsieur Cassagne, a navigué trois mois sur le Bassin et effectua de nombreuses sorties en mer pour pêcher. Un moteur 4 cylindres Couach de 12-15 cv la propulsait.

Ombre-Blanche et Miramar II, très grandes pinasses, permettaient de multiples aménagements au gré des propriétaires et étaient exemplaires par leur stabilité.

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Source Le Yacht

La pinasse Kimata

La pinasse Kimata

La pinasse Kimata de Madame Dupuy de Paris, a été construite chez Bonnin frères, d’Arcachon, en 1931. Notons que, c’est Joseph Guédon qui en avait dessiné les plans.

La pinasse Kimata du chantier Bonnin, Arcachon
La pinasse Kimata du chantier Bonnin, Arcachon

La pinasse Kimata, sa conception

Elle était conçue sur le principe des deux angles de chaque bords et à plans droits qui caractérisaient ce modèle tout spécial et déposé.

Ses dimensions étaient: Longueur totale 13.80 mètres Longueur de flottaison 12.34 mètres Largeur extrême hors bordé 2.73 mètres Creux 1.10 mètre Tirant d’eau 0.65 mètre

Les aménagements

Ses aménagements étaient des plus confortables pour un Day boat. Ils consistaient en un poste avant pour abriter un marin, et d’un cockpit de 2.75 mètres . De plus, son tillac surélevé permettait de placer plusieurs fauteuils.

Deux marches permettaient d’accéder à la cabine d’une longueur totale de 3.50 mètres, au salon de 2.60 mètres meublé de deux larges sofas de deux mètres. Il y avait également des étagères et des caissons aménagés sous les sofas prévus pour le rangement. Une petite pièce de 0.80, communiquant avec l’arrière. Elle contenait un WC à pompe, un cabinet de toilette, à nouveaux des armoires et une penderie.

Un grand cockpit occupait l’arrière où se trouvaient des banquettes circulaires.

Aussi, les moteurs étaient installés en abord et immédiatement après la cloison du roof. La timonerie était à tribord. Le patron en manoeuvrant son gouvernail, avait sous la main la commande des deux groupes marins qui étaient deux 4 cylindres de 20 / 25 cv Baudoin. Précisons qu’une dynamo commandée par un des moteurs fournirait l’éclairage.

Les arbres d’hélice, tuyautages et accessoires étaient en bronze. Ajoutons que, la vitesse en ordre de marche était exactement de 10 noeuds.

Ainsi, la pinasse Kimata, lancée le 30 mars dernier, a navigué pendant 15 jours à l’occasion des fêtes de Pâques. Au cours de deux mois et demi de navigations régulières sur le Bassin ou de fréquentes sorties à la mer, sous le commandement du patron au bornage et capitaine de chalutiers Monsieur Ragues, elle a donné des preuves de qualités nautiques et de tenue comparables à celles d’un bateau de sauvetage.

Un nouveau modèle satisfaisant

Les chantiers Bonnin ont construit en 1928 sur ce modèle, une pinasse de 12.50 mètres pour Monsieur Gonfreville. Puis en 1930 une de 12.50 mètres pour Madame Lacroix de Bordeaux. En 1931 une autre pinasse de 12.50 mètres pour Monsieur Grima.

Enfin, toutes établies sur les plans du modèle de Joseph Guédon, se faisaient remarquer sur le Bassin d’Arcachon par leur élégance et leur tenue, donnant à tous égards pleine satisfaction à leur propriétaire.

Source Le Yacht

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La pinasse de Joseph Guédon

La pinasse de Joseph Guédon

La pinasse de Joseph Guédon est apparue en 1928.

Cette année, il décida de remédier aux “inconvénients rédhibitoires et pires dangers” des pinasses….

Plan de pinasse 1
Plan de pinasse 1

A cette époque, l’usage de la pinasse d’Arcachon se généralisait, tant dans la plaisance que pour le travail.

Pinasse d'Arcachon
Pinasse d’Arcachon

Sa facilité d’échouage, sa solidité et la facilité de ses réparations son faible coût constituaient un avantage certain. Mais il s’est vite avéré compliqué de gérer son manque de stabilité pour ses passagers.

Aussi, Joseph Guédon eut l’idée d’adapter à ce type de bateau une maîtresse section nouvelle formée de cinq plans et même davantage.

"Pinasse d'Arcachon nouveau modèle"
“Pinasse d’Arcachon nouveau modèle”

Examinons la figure 3

On remarque que l’élargissement considérable, tant au dessus de la ligne de flottaison qu’en dessous. En augmentant le volume de la carène il donnait une réserve de gîte plus importante.

Mais encore, les angles formés par une pièce de bois sur toute la longueur du bateau accroissent également sa solidité.

Joseph Guédon en modifiant et améliorant ainsi les plans habituels souhaitait augmenter encore davantage cette “vogue” de la pinasse sur le Bassin d’Arcachon.

Alors, il prit soin de déposer les dessins, figures accompagnés des légendes très documentées et sa revendication du titre de propriété du titre “Pinasse d’Arcachon nouveau modèle” au Tribunal de Commerce de Bordeaux.

Néanmoins, les plans étaient cependant à la disposition des personnes intéressées.

Le premier exemplaire

C’est pour le docteur Duplanté d’Arcachon que le premier modèle fut construit. Ainsi, cette première embarcation allait permettre d’établir un type standard devant réaliser, pour sa taille, toute la tenue et le confort désirables avec un prix modéré.

C’est la longueur de 7 mètres qui fut choisie afin de profiter des tarifs de transport en chemin de fer. Sa largeur ne devait pas dépasser 1,88 mètre et son tirant d’eau 0,50 mètre.

Le bateau était pourvu d’un petit roof de 1,40 mètre, pouvant abriter quatre personnes. Le moteur prévu faisait 5 à 8 cv permettant d’assurer une vitesse de 6 noeuds.

Notons que, sur cette petite embarcation, était prévu un mât léger facilement amovible, avec une voilure unique de type bermudien sans foc.

Source: Gallica

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Almée II

Almée II

Almée II, le cabin-cruiser construit sur le Bassin d’Arcachon gagna la course du Pavillon Azur en 1949.

Le Pavillon Azur

Le Pavillon Azur était une course crée le 21 octobre 1948 à Bruxelles.

Almée II vainqueur du Pavillon Azur
Almée II vainqueur du Pavillon Azur

Ainsi, dès l’année suivante, 14 yachts de plusieurs pays européens participaient :Italie, Principauté de Monaco, Angleterre et la France.

Dès lors, la Mediterranée se dotait d’une grande croisière internationale motonautique qui ralliait chaque année dans un port d’une nation riveraine nombre de yachts venant de toutes parts et arborant les couleurs du Pavillon d’Azur.

C’est l’Italie qui fut choisie comme premier port pour lancer cette course. Ainsi le Yacht Club Tigullion fut chargé de l’organisation.

Le but étant de réaliser une course sympathique et fraternelle entre marins européens passionnés.

Le principe était d’effectuer 24 heures de navigation effective pour ralier un port à un autre.

Alors, 1949 c’est « Almée II » appartenant à Monsieur Jacques Menier, President du Yacht Motor Club de France qui gagna.

Almée II, pinasse ou cabin-cruiser?

D’une façon générale, la presse de l’époque utilisait souvent le mot “pinasse”ou “pinace” pour designer ces cabin-cruisers bien différents de nos pinasses traditionnelles.

Mentionnons que, la revue Le Yacht présentait AlméeII comme étant une ancienne « pinasse transformée» du bassin d’Arcachon (dans le motonautisme on trouve le mot « pinasse » souvent utilisé pour des “cabin-cruisers” bien différents de nos « pinasses » locales..). Nous les appelons “Bateaux classiques”. Ils furent très en vogue dès la fin de la Première guerre mondiale permettant de parcourir de longues distance en assurant un confort idéal.

Almée II mesurait 14 m pour 9 t. Elle était équipé d’un moteur Gray de 150cv. Il est possible d’imaginer qu’elle sortait du chantier naval Eyquem de La Teste comme Mermousse que nous pouvons croiser sur le bassin. Les chantiers Bonnin, Boyé en ont construit également…

Affaire à suivre.

Source: Le Yacht

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ponton bassin arcachon

Les pontons

L’histoire des pontons du Bassin d’Arcachon..

Les gardiens des parcs à huitres

Les parcs à huîtres du bassin d’Arcachon ont toujours été victimes des forfaits de certaines brebis galeuses…

Pour les protéger et dissuader les contrevenants des pontons de garde ont été mis à l’ancre au milieu des parcs.

Les pontons de garde du Bassin d’Arcachon

Ainsi, sur cette gravure de Kaufman datée de 1892 nous permet de voir un ponton de garde ancré dans le bassin vers lequel se dirige une pinasse à rame.

Un ponton de garde au milieu du Bassin d'Arcachon, Gravure de 1892
Un ponton de garde au milieu du Bassin d’Arcachon, Gravure de 1892

Les gardes étaient assermentés par la justice et quand, de Noirmoutier, on a fait venir des grandes quantités d’huitres, grâce à ses gardiens très spéciaux, elles étaient en sécurité.

Les pontons ressemblaient étrangement aux roulottes des bohémiens..

Les pontons du Bassin d'Arcachon
Les pontons du Bassin d’Arcachon

Ils étaient formés d’une coque ventrue  surmonté d’un roof immense duquel on voyait la cheminée d’un poêle à bois sortir.  Leur intérieur modeste offrait un coin repas et une partie nuit.

De postes de garde à habitations..

En 1877,  50 pontons payaient une taxe de stationnement dans le port de La Teste. On peut ainsi imaginer la quantité incroyable de pontons qu’il y avait alors sur le bassin!

Rapidement les pontons ont été utilisé comme logements et ateliers par les parqueurs. Certains servaient  aussi de réservoirs pour stocker les huîtres avant de les ramener dans les ports.

À cette époque les déplacements à la rame ou à la voile étaient  très longs. 

Grâce à ces habitations rustiques  on a pu rentabiliser les zones de culture en restant sur place. 

Les pontons du Bassin d'Arcachon
Les pontons du Bassin d’Arcachon

On imagine que ces pontons étaient tractés par deux ou trois pinasses qui  utilisaient les courants et les marées pour les amener à leurs places définitives.

Peut-être que les premiers vapeurs du Bassin d’Arcachon ont aidé également à les tracter?

Puis, au fil des années, comme le montrent les cartes postales du début du siècle, les pontons ont été installés sur le bord de la plage de la côte Noroit. 

L’utilisation des pontons en habitation est une des explications possibles de l’origine de la colonisation de ce côté du bassin par les pêcheurs de La Teste et Gujan

Certaines photographies montrent également des pontons qui semblent être au milieu des pins. Peut-être ont-ils été déplacé lors  de fortes marées?

Et les temps changent..

Ainsi, l’apparition des premiers moteurs marins en 1905 et la motorisation en série des pinasses, les ont fait disparaitre progressivement. Les déplacement devenaient ainsi rapides et le travail simplifié.

Les pontons du Bassin d'Arcachon
Les pontons du Bassin d’Arcachon

Les dernière demeure connue de gardien de parc date de 1930.

Sur la plage de l’Aiguillon vers 1940 il y avait encore un ponton échoué et un autre sur le” Truc de la carène” à La Teste

Progressivement comme dans le village de l’Herbe, ils ont été remplacés par des cabanes.

En 2017 un des deux  derniers pontons qui se trouvait dans un jardin de la conche du Mimbeau a été démoli et remplacé par un cabanon de jardin..

Le tout dernier est au bord de la plage au village de l’herbe. Il a été recouvert d’une toiture, il est à la villa “le Vieux Ponton”. 

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Emmanuelle Prot

Journaliste éditrice avec un compagnon de route : un petit scooter rose Vespa qui me suit partout ! C’est un objet insolite que j’utilise souvent sur mes photos. 

Emmanuelle Prot, la photographe au petit scooter rose
Emmanuelle Prot, la photographe au petit scooter rose

Côté vie/ 

Après avoir habité 12 ans à Bordeaux, j’habite depuis août à l’Aiguillon, un quartier d’Arcachon que j’affectionne particulièrement. 

J’aime me balader à la pointe de l’Aiguillon avec mes chiennes tous les matins pour profiter de ses instants magiques que je photographie. 

Promenade très tôt le matin dans le quartier de l'Aiguillon
Promenade très tôt le matin dans le quartier de l’Aiguillon

J’adore également parcourir le port d’Arcachon et celui de la Teste pour prendre des clichés des bateaux, pinasses, pinassottes et surtout pour prendre les cabanes ostréicoles. J’adore capter la matière, le bois, la rouille… les marques du temps et de la vie. 

Au détour des ports
Au détour des ports

Côté navigation/ 

J’ai le permis bateau, j’ai pratiqué la voile, et aussi, beaucoup navigué et pêché à Ouessant.

J’ai eu aussi la chance de naviguer un peu sur le bassin notamment sur un petit bijou le Bô 28 « Jéroboam » de Bô Yachting (Bonin/Bossuet).

Un moment magique ! 

La pointe de l'Aiguillon, le matin
La pointe de l’Aiguillon, le matin

Je rêve de pouvoir amener mon petit scooter rose en balade en bateau à l’île aux Oiseaux, aux cabanes tchanquées et même sur un champ ostréicole pour faire une série de photos inédites !

Le petit scooter rose
Le petit scooter rose

Avis aux capitaines qui souhaiteraient nous embarquer… 

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Pinasse ou tillole?

Pinasses ou tilloles?

La première mention officielle des “pinasses” remonte à 1553. Il est probable que tout comme pour les chaloupes elles remontent bien au delà du 13ème siècle. 

Primitivement de taille réduite, 6 à 7 mètres, elles pratiquent la pêche dans le Bassin et à la côte, puis leur taille augmente fortement dès l’apparition des moteurs à pétrole (Couach et Castelnau, vers 1904). 

Les pinasses de 10,5 m sont alors “à crémaillère” pour les ostréiculteurs et “à talon” pour les plaisanciers et pêcheurs. Elles atteignent 12 mètres et sortent au large pêcher la sardine.Elles sont de construction locale, gujanaise, testerine, arcachonnaise et sont encore construites à La Teste et à Gujan.A l’origine, elles servaient à la pêche à la drague ou au filet. A l’aviron ou voilées, elles ont été utilisées par la suite par les ostréiculteurs.

En 1727, on recensait 206 pinasses, en 1830: 395, en 1880: 1 152.

En plus des pinasses ostréicoles, vers 1910, 137 grosses pinasses se livraient à la pêche à la sardine.

En 1952, le nombre de pinasses est encore élevé : 942 (122 à rames et voiles, 819 à moteur). 

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Source: archives Ifremer

Le chantier de mécanique navale Boyé..

La famille Boyé est un des grands acteurs de notre Patrimoine Naval du Bassin d’Arcachon.

La mécanicien naval peut être assimilé à un travailleur de l’ombre…

Quand nous parlons de Patrimoine naval, immédiatement des grands noms d’architectes et de chantiers de construction viennent à notre esprit. Cependant, la mécanique navale à été décisive pour faciliter le travail des professionnels et accéder à la plaisance. La motorisation des pinasses à participé au grand bouleversement de leur structure, permettant de les rendre plus grandes, jusqu’a 12 mètres pour embarquer de huit à douze hommes pour aller pêcher la sardine. 

De grandes familles sur le Bassin ont œuvré corps et âme pour assouvir leur passion dans la discrétion. 

De 1930 à 1960, la famille Boyé a fabriqué des moteurs et marinisés des moteurs pour équiper les navires des plus célèbres chantiers navals du Bassin.

Voici un arbre généalogique simplifié pour nous aider à mieux comprendre.

A l’origine, Gabriel-Jean Boyé dit “Rémy” a créé en 1862 le “Chantier naval Boyé” digue est à l’emplacement actuel de Marine Plaisance.

Le chantier naval de Rémy Boyé.

Il y a travaillé avec son fils Dominique dit “Octave” à construire des bateaux bois et des pinasses pour la pêche et l’ostréiculture.

Dans une idée de complémentarité, son petit fils Elie, né en 1890, choisit se lancer dans la mécanique navale et partit faire son apprentissage dans l’entreprise de moteurs marins Castelnau à Arcachon en 1904.

Elie Boyé.

A cette époque, les entreprises Castelnau et Couach eurent l’idée très” moderne” de fabriquer des moteurs marinisés pour les adapter aux pinasses .Ces deux entreprises fabriquaient leurs propres moteurs monocylindres, appelés “cylindres borgnes” (sans culasses). Grace à eux, le travail des ostréiculteurs et des pêcheurs allait être transformé.

André et Christian Boyé au port de La Teste.

C’était la belle époque des “Pétroleuses”, avec leur bruit caractéristique, si doux encore à nos oreilles et dont Jean Cocteau disait qu’il était le “tam tam” du Bassin.

Les années folles avec une nouvelle clientèle de touristes célèbres et fortunés, marquèrent le grand début de la plaisance. Emile Dubourdieu inventa la “Pinasse de Monsieur” et beaucoup de chantiers se lancèrent dans un nouveau genre de navire avec des fonds moins plats que les pinasses et qui exigeaient des transmissions en ligne d’arbre directe (talon). 

Après son apprentissage, Elie fut ouvrier chez Albert Couach boulevard de la Plage vers 1908.

Atelier Boyé en 1929.

En 1920, il se lança à son compte car la demande de moteurs était grandissante et créa le “Chantier de mécanique navale Elie Boyé” situé devant le port de la Teste. 

Elie se lança dans la marinisation de moteurs B2 et B12 Citroën, des 402 Peugeot ainsi que des Fords double allumage (magnéto et delco) dans une recherche de sécurité. 

Moteur B2 Citroën.

Moteurs 402 Peugeot au banc d’essai.

Elie, dont le mauvais caractère était bien connu sur le port de la Teste, était dans son travail créatif, inventif, en recherche technique permanente.

Moteur B2 Citroên.

Le chantier de mécanique faisait fabriquer toutes les pièces à partir de ses propres modèles.

Tout était usiné par le chantier: les inverseurs, les collecteurs d’échappement, les culasses. Les pompes en bronze étaient entièrement usinées par le chantier, à l’exception des groupes et des embiélages qui étaient importés. 

Eli avait le premier, inventé un moteur a double allumage pour aller à la peêhe à la traïne en mer, pour assurer la sécurité en cas de panne.

Elie, le passionné, a consacré sa vie à transmettre à son fils et à son petit fils l’amour du travail bien fait.

La pinasse Jalousée d’Elie et André Boyé était équipée du premier moteur à arbre à came marinisé sur le Bassin. (avant les moteurs étaient latéraux).

La pinasse “Jalousée” à Saous devant la cabane du figuier.

André fit son apprentissage dans l’entreprise familiale en 1933 et en 1940 l’entreprise devint “Boyé et fils”.

André Boyé avec un ouvrier du chantier, peut être un navire du chantier Eyquem?

Pendant 4 générations la famille Boyé a fabriqué ses propres pièces en bronze, d’après ses propres modèles coulés en fonderie et usinés par leurs soins pour les montages à hélices relevables ( dit à crémaillère) comprenant: cardans, puits à crémaillère, manchons articulés, crosses, arbres d’hélice, boites à cardan avec presse étoupe, ainsi que toutes les pièces pour les montages des bateaux à talon.

Arrière d’une pinasse à hélice redevable (crémaillère).

Elie en 1955 prend sa retraite et André reprend l’entreprise sous le nom “André Boyé Mécanique Navale”.

Christian est rentré comme apprenti en 1960 et y travailla comme ouvrier par la suite.

Christian Boyé.

En 1985 Christian reprend à son tour l’entreprise sous le nom “Boyé Christian Mécanique navale. Fabrication et pose de pièces spécifiques de bord”. Au port de la Teste.

Christian Boyé, montage à talon sur une pinasse Raba.

La grande crise de l’ostréiculture a fait basculer l’entreprise vers la plaisance. Christian est devenu concessionnaire de la marque Yanmar, moteurs marins.

Christian a principalement travaillé avec son ami le Chantier Raba mais aussi avec Jean-Pierre Dubourdieu. Il motorisait et entretenait les vedettes et les pinasses qui sortaient des chantier. A chaque pinasse un moteur spécifique en fonction de la demande du propriétaire. 

En haut à gauche Franck Boyé, en bas à gauche Yann Legalloudec, au milieu Michel un oiuvrier du chantier, en haut à droite Jean-Francois Sanz, en bas à droite Christian Boyé au chantier.

Franck, le fils de Christian est lui aussi devenu mécanicien naval. Après trois années d’apprentissage dans l’entreprise familiale, diplôme en poche, il y est devenu ouvrier.

C’est Franck qui à remis en état ce moteur avec patiente et compétence pour qu’il soit exposé dans l’atelier familial…. Un B2 Citroën marinisé par Elie son arrière grand-père.

B2 Citröen marinisé par Elie et restauré par Franck

La pinasse de Madame Desmaret….

Christian Boyé et Michel Dieu sur la pinasse Raba de Madame Desmaret.

Madame Desmaret, était la propriétaire de la compagnie pétrolière Azur. Elle à commandé au chantier Raba un pinasse de 12,m50 Christian et Franck ont monté un moteur de 160cv Volvo, 6 cylindres….

Le jour des essais, Michel Dieu le marin, en testant le navire, a pratiquement fait basculer la pinasse en mettant barre toute malgré les flaps en inox….. 

Christian a pris sa retraite en 2005 et c’est Monsieur Vatskil qui s’est installé dans ce bâtiment depuis.

Merci à Christian Boyé de nous faire partager cette belle histoire familiale chargée d’émotions et de passions…..

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Les bateaux traditionnels.

Les bateaux traditionnels.

Souvent en premier nous pensons tous aux pinasses!

Pinasse à voile.

Traditionnellement utilisées pour la pêche et l’ostréiculture, ces embarcations à fond plats, au début à voile et avirons, furent motorisés au début du 20° siècle grâce à un inventeur de génie: Albert Couach.

Mais le patrimoine naval du Bassin d’Arcachon est varié…

Ainsi, le Capitaine au long cours, François Legallais séduit par la beauté et la commodité du bassin d’Arcachon  décida de s’y installer en faisant  en 1811 la connaissance de sa future femme qui lui apporta en dot plusieurs hectares de pinèdes à Eyrac.

 François Legallais décida de faire fructifier ce patrimoine en créant un hôtel et une station balnéaire dont la première villa est construite en 1823. 

L’établissement Legallais en 1850.

La ville d’Arcachon était alors inconnue.

Une vaste campagne de publicité fut mise en place et très vite. Bordelais et Parisiens affluèrent dans les pavillons de chasse et dans les villas. Les bains de mer d’Eyrac et de la Teste devinrent à la mode.

Rapidement, vers 1841, une ligne de chemin de fer permit de relier Bordeaux à La Teste de Buch et un débarcadère en eau profonde permit de rejoindre Arcachon.

Ainsi, Arcachon ancien quartier de La Teste-de-Buch, fut érigée en commune par décret impérial (Napoléon III) le 2 mai 1857  grâce Alphonse Lamarque de Plaisance son premier maire.

Les frères Pereire, banquiers, propriétaires de la ligne de chemin de fer Bordeaux-La Teste de Buch décidèrent de la rallonger afin de la rentabiliser. 

Grâce à eux, environ 300 magnifiques villas se construisirent pour recevoir ces touristes fortunés venus de ressourcer et soigner leurs voies respiratoires.

La suite etait simple, ces touristes aisés ont permis le developpement de la future plaisance.

En 1905, la célèbre “ Société de la Voile et de l’Automobile d’Arcachon ”, a donné un ton très “British” au plan d’eau arcachonnais qui, de plus, offrait des possibilités de navigation complexes sans le danger de la haute mer. 

Cercle de Voile d’Arcachon autrefois.

Des architectes célèbres travaillèrent avec nos chantiers navals et petit à petit le Patrimoine naval du Bassin d’Arcachon s’est imposé.

Notre Patrimoine Naval aujourd’hui conjugue donc à la fois les navires à moteur et les navires à voile.

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