Léon Morane atterrit à l’Île aux Oiseaux…

Léon Morane atterrit à l’Île aux Oiseaux…

Léon Morane devant atterrir à l’Île aux Oiseaux, fut une des grands évènement de l’année 1910.

Paul Morane survolant le Bassin d'Arcachon. Septembre 1910
Paul Morane survolant le Bassin d’Arcachon. Septembre 1910

La grande semaine de l’aviation de Bordeaux

Ce fut l’un des derniers grands meetings aériens organisés en France, au cours de l’année 1910.

Affiche officielle du meeting de Bordeaux en 1910. Collection CAEA
Affiche officielle du meeting de Bordeaux en 1910. Collection CAEA

La Grande semaine de Bordeaux, du 11 au 18 septembre, se déroula sur un site nommé Beau-Désert près de Mérignac, un terrain qui deviendra plus tard célèbre.

Réservé aux seules aéroplanes, c’était la Compagnie aérienne du Sud-Ouest et l’Aéro-Club de France qui le finançaient.

Plusieurs épreuves richement dotées le constituaient, dont la fameuse Coupe Michelin et cette année là, un Cross-Country disputé pour la première fois comme course Bordeaux-Arcachon.

Aérodrome de Beau-Désert à Mérignac.
Aérodrome de Beau-Désert à Mérignac.

Toutes les grandes écuries françaises répondirent présents aux organisateurs. Les Sociétés Antoinette, Clément-bayard, Blériot, Henry Farman, Sommier y participèrent ainsi que 36 aviateurs dont Léon Morane sur Blériot XI.

Léon Morane, la révélation de 1910

Six mois avant, Léon Morane était inconnu du public.

Léon Morane
Léon Morane

Il s’est révélé lors de ce meeting par des exploits extraordinaires en hauteur, vitesse, voyage et vol avec passager. Alors, en quelques vols, il devint champion sur monoplan Blériot et sa renommée dépassa largement nos frontières.

L’île aux oiseaux, aérodrome d’un jour..

Ainsi, bien avant ESSO qui tenta d’annexer l’Île aux Oiseaux, l’espace d’une journée, notre île fétiche devait servir de piste d’atterrissage…

Monsieur P. Journu, de l’Aéro-Club de France, et Monsieur Verliac, président du Comité d’aviation de Beau-Désert, avaient choisi Île aux Oiseaux comme point d’attérissage, pour un cross-country aérien de Mérignac à Arcachon.

L’évènement exceptionnel séduisit immédiatement. Par exemple, Monsieur Deutsch de la Meurthe, industriel notoire ( propriétaire de la société des pétroles Jupiter (1922) puis Shell France après une fusion avec la Shell en 1948), grand sponsor à l’époque de l’aviation, offrit la somme de 5000 francs au record de vitesse, plus une coupe de 5000 francs.

Henry Deutsch de la Meurthe
Henry Deutsch de la Meurthe

La ville d’Arcachon aussi contribua largement en offrant la somme de 5000 francs. A cela s’ajoutèrent des souscriptions particulières d’un montant de 2400 francs, ce qui fit un total de 17 400 francs. Cette aventure contribuait au prestige de la ville nouvelle.

L’Ile aux oiseaux, située à 1 kilomètre de la plage d’Arcachon, représentait quelque soit la marée, 200 hectares de terre ferme. Il était donc surement possible de tenter cet exploit!

Le projet était au départ fixé pour la date du 11 septembre 1910, mais, au grand mécontentement de la population arcachonnaise, dixit un journaliste de l’époque, Monsieur Veyrier-Monatgnères décida de la date du mercredi 14 septembre.

A gauche,Pierre Dignac  maire de La Teste, à droite, James Veyrier Montagnères maire d'Arcachon
A gauche,Pierre Dignac maire de La Teste, à droite, James Veyrier Montagnères maire d’Arcachon

Monsieur Dignac, maire de La Teste, demanda à 8 gendarmes d’assurer le service d’ordre.
Alors, six engagements furent annoncés par l’Aéro-Club.

La course Bordeaux-Arcachon

Les aviateurs devaient partir de Mérignac, au rythme d’un toutes les trois minutes. La durée du trajet jusqu’à Arcachon, était estimée à environ 40 minutes.

Ainsi, à 3h47, Léon Morane prit le premier départ. Il prit un angle de décollage rapide, s’éleva dans un angle très accentué et prit la direction du Bassin d’Arcachon.

Léon Morane dans son Blériot XI au décollage de Beau-Désert en 1910
Léon Morane dans son Blériot XI au décollage de Beau-Désert en 1910

Depuis Mérignac, la foule le vit disparaitre, il devint rapidement juste un petit point noir à l’horizon, jusqu’à disparaitre des regards. L’aviateur Legagnieux parti 3 minutes après sur son Blériot en ne prenant pas la même route. L’aviateur Tyck prit son départ à 3h59 suivit par le lieutenant Rémy, à 4h 34 sur un biplan Ferman.

Léon Morane, mit donc 28 minutes pour rejoindre Arcachon, soit, 44 kilomètres à vol d’oiseau.

Atterissage sur l’île ou pas?

Dès 4h12, il fut aperçu survolant Taussat à environ 400 mètres d’altitude. Puis, depuis la terrasse du casino, on aperçut un point noir passer au dessus d’Ares.

Dans un article de l’Avenir d’Arcachon un journaliste décrivit la scène: “On dirait le vol d’un grand goéland, ou plutôt d’un aigle échappé de son aire”.

Malheureusement et à la surprise générale, il passa rapidement par le travers de l’Île aux Oiseaux et décrivit une gracieuse courbe vers le Grand-Hôtel.

La plage devant le Grand-Hôtel d'Arcachon
La plage devant le Grand-Hôtel d’Arcachon

A cet instant précis, il coupa son allumage et descendit tout à coup en planant à 150 mètres d’altitude, vers la villa Claire où l’on peut imaginer Madame Pauilhac, sur la terrasse entourée de ses invités, assistant à l’évènement.

La villa Claire de la famille Pauilhac.
La villa Claire de la famille Pauilhac.

Enfin, il survola la plage où la foule l’attendait et l’acclamait.

“L’oiseau, vu de près, s’est transformé en une belle et onduleuse libellule, dont on distingue les ailes, le gouvernail qui forme une queue, les pattes qui sont des roues. Entre les ailes est assis l’homme-oiseau. Sur le poitrail de l’appareil gronde un puissant ronronnement.”

Le spectacle fut grandiose et féerique. A l’occasion, profitant d’une jolie brise d’ouest, une flottille d’environ 200 bateaux toutes voiles hissées, paradait au soleil.

“Sitôt passé le casino, Morane s’élève rapidement dans une progression qui le reporte à 400 mètres d’altitude. Il redevient un point dans l’éther, et disparait à l’horizon.”

Toute l’après midi, les Arcachonnais attendirent en vain les autres aviateurs.

Ainsi, Léon Morane n’a jamais atterri sur l’île aux oiseaux comme le projet le prévoyait. Nul ne sait pourquoi. Il gagna cependant les somme de 6OOO francs.

Un retour grandiose

En même temps, un coup de téléphone apprenait à Mérignac que Morane venait de survoler le Grand-Hôtel d’Arcachon à 4h14.

Léon Morane n’atterrît pas sur ‘Île comme prévu, mais son exploit, dépassant la crainte du danger marqua à jamais les spectateurs.

Lemogneux est rentré à Mérignac très rapidement car il s’est trompé de direction. Il est en effet, parti trop au nord, et en voyant l’océan, il vira au dessus de l’étang de Lacanau. Puis, l’idée lui vint de longer la côte pour descendre vers Arcachon, mais la brume était trop intense et il préféra revenir à Mérignac.

Léon Morane revint en vainqueur. Il atterrit devant le hangar de Beau-Désir devant une foule immense et des ovations délirantes. Il avait mis 31 minutes pour le retour, soit 59 minute pour un aller retour!

L’aviateur Tyck, revint sans avoir trouvé Arcachon, le soleil levant et la brume l’empêchant de trouver sa route. Le lieutenant Rémy lui aussi rebroussa chemin.

Léon Morane Collection CAEA
Léon Morane Collection CAEA

Morane, sur son Blériot était donc le triomphateur de cette épreuve.

Ajoutons que, le journal La petite Gironde, mentionna avec moquerie, que Monsieur Veyrier-Montagnères , le “si dévoué Maire”, fit un “gueuleton” à l’Île aux Oiseaux en attendant les pilotes qui n’arrivèrent jamais.

Sources: hydroretro.net, l’Avenir d’Arcachon, Arcachon-Journal, L’Auto-vélo, la Petite Gironde

Aclou / http://www.ile-aux-oiseaux.org/  Arcachon journal L’Avenir d’Arcachon

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Le canot insubmersible d’Albert Henry

Le canot insubmersible d’Albert Henry

Le canot insubmersible d’Albert Henry marqua l’année 1897.

A ce jour, la Société Centrale, depuis sa création en 1865, avait sauvé environ 8.000 personnes. Cependant les canots jusqu’alors, demandaient un minimum de 40 secondes pour se vider en cas de retournement et ne possédaient pas de compartiments fermés pour contenir les équipements, ce qui rendait souvent improbables et compliqués les sauvetages.

Il faut dire qu’ en 1897 c’est le Life-boat qui était utilisé sur notre littoral. Le Life-boat directement inspiré du canot de sauvetage anglais construit par les chantiers Greathead.

Life-boat des chantiers Greathead. Musée national de la Marine
Life-boat des chantiers Greathead. Musée national de la Marine

Partout des recherches étaient faites afin sans cesse de tenter d’améliorer les canots.

Alors, Albert Henry, plaisancier, sauveteur nautique à l’occasion, a entrepris d’améliorer le Life-boat règlementaire classique. Il a dirigé ses recherches sur deux points précis: l’insubmersibilité et l’inchavirabilité. C’est à Rochefort qu’il a testé son canot insubmersible, sous la direction du capitaine du port de Rochefort et d’un maître vétéran de l’arsenal. Les premiers essais ont été à la hauteur des espérances d’Albert Henry et il a fait breveter en France et à l’étranger sa baleinière de 8.50 mètres.

Le plan du canot insubmersible

Notons en premier lieu que cette embarcation est dotée d’une dérive lestée au moyen d’un cigare de plomb. Elle est recevable par un seul homme au moyen d’un palan. C’est en fait un bulle-keel rentrant, de hauteur variable, permettant, quand il est relevé, l’échouage et le halage sur le sable ou les galets.

Le canot de sauvetage d'Albert Henry
Le canot de sauvetage d’Albert Henry

Ensuite, aux extrémités, comme sur les Life-boats, il y avait deux tambours étanches, reliés entre eux par un cloisonnement intérieur sur les cotés et le fond, formant un cockpit garni de bancs transversaux pour les rameurs. Cette chambre étanche, à la forme d’un entonnoir rectangulaire aboutissait au puit de dérive, dont l’ouverture affleure le pont sur toute sa longueur. Notons que, sa profondeur isolante est celle des Life-boats, soit à 0.50 mètre et la baleinière chargée avec 15 hommes à bord s’enfonce de 8 centimètres, en laissant le plancher, et l’orifice du puit à 22 centimètres au dessus de la flottaison. Alors, si de l’eau rentrait dans le canot, elle s’écoulait par le puit. Il faut préciser que le double-fond étanche pouvait être compartimenté afin de recevoir des vivres et éventuellement des couchettes.

Un canot insubmersible et inchavirable

Aux essais, 6 hommes à l’aide d’un palan ont incliné l’embarcation à 90° pendant 10 minutes. Malgré les 400 litres d’eau embarqués, le canot s’est redressé facilement et l’évacuation de l’eau instantanée.

A l’aide du même palan, ils ont ensuite retourné le -canot et il s’est immédiatement retourné en évacuant son eau.

L’insubmersibilité

A Paris, sur la Seine, Albert Henry fit de nouveaux essais en présence de représentants de sociétés de sauvetage.

Le bateau proche du quai, ils le remplirent de 500 litres d’eau depuis une hauteur de 3 mètres. En quelques secondes toute l’eau fut évacuée par le puit. Ces essais, furent réalisés en présence d’une foule importante et des représentants des sociétés de sauvetage enthousiastes.

Le Life-boat détenait 6 orifices évacuant l’eau en 22 secondes. Leur diamètre de 14 centimètres opposait à la navigation une résistance notoire. Le canot insubmersible d’Albert Henry apportait donc un inconvénient 6 fois moindre et un résultat 10 fois supérieur.

Conclusion des essais

Plan du canot de sauvetage d'Albert Henry
Plan du canot de sauvetage d’Albert Henry

C’est donc l’abaissement du centre de gravité induit par la dérive lestée qui évitait le chavirement d’une manière absolue. Cette embarcation naviguait à la voile dans des conditions de sécurité absolue.

Un des grands avantages était aussi de pouvoir naviguer partout sur le littoral dans toues les circonstances. Ce bulbe-keel était incontestablement d’une qualité supérieure en comparaison des classiques quilles de fer du Life-boat. Sa dérive lestée permettait un redressement très rapide.

Ce canot naviguait également à l’aviron en relevant sa dérive au maximum tout en gardant une très bonne stabilité.

Son temps de redressement était estimé à environ 40 secondes et son temps d’évacuation de l’ eau était de 22 secondes.

Ses applications

Cette invention était d’un coût moindre que le Life-boat qui, en 1887 nécessitait la somme énorme de 30.000 francs avec un entretien d’environ 1.200 francs. C’est la raison pour laquelle la Société Centrale de Sauvetage n’avait pu créer que 85 stations en France. Ainsi, ce nouveau, canot grâce à ses dimensions réduites, permettrait en coutant moins cher d’équiper davantage de stations de notre littoral.

Enfin, le second avantage était de pouvoir emporter des vivres et d’avoir des couchettes. En effet, dans le cadre de la navigation au long cours, ces canots de sauvetage pouvaient être dorénavant la solution de survie nécessaire . Les nouvelles directives au lendemain du drame de la Ville de Saint-Nazaire et des tortures subies par les rescapés allaient dans ce sens. Un canot devait dorénavant permettre un minimun de survie ( nourriture et couchage) à son bord afin de permettre d’attendre l’arrivée d’une aide éventuelle.

Source: Le yacht, Musée national de la Marine

Avec l’aide bienveillante de Jean-Paul Deyres

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Le yacht-monotype de F. Picamilh

Le yacht-monotype de F. Picamilh

Le yacht-monotype de F. Picamilh date de 1898.

Le yacht monotype de F. Picamilh
Le yacht monotype de F. Picamilh

Monsieur Picamilh dessina un plan de yacht-monotype d’après le règlement de la Société du monotype d’Arcachon.

En premier lieu, elle stipulait les dimensions suivantes:

Longueur totale 7.50 à 8.00 mètres Longueur à la flottaison 6.00 à 6.50 mètres Bau 2.30 mètres Tirant d’eau 0.50 mètre

Alors, Monsieur Picamilh qui assistait aux réunions entre yachtmen pour élaborer ce règlement, en a tenu compte dans ses plans.

Un yacht-monotype “spécial bassin”

Le yacht-monotype de Mr Picamilh
Le yacht-monotype de Mr Picamilh

Le bateau en premier lieu devait être approprié au “régime” du Bassin d’Arcachon et utilisable en promenade.

Le tout “bien pensé”

Certains yachtmen risquaient, pensait Monsieur Picamilh, de trouver trop faible la saillie d’arrière. Or il était convaincu que de partager au plus près entre les deux extrémités, la longueur disponible pour les élancements, était la meilleure des solutions.

“Dans un yacht si petit, à carène sans profondeur et à lignes de dégagement forcément très clichées, la voûte relèverait peu et se trouverait près de l’eau. Par exemple, en eau calme, avec de la vitesse, la vague de l’arrière trouvant au-dessus d’elle la résistance de la voûte, soulèverait le yacht qui, poussé par l’arrière, plongerait de l’avant. Aussi, avec un clapotis profond et court, comme celui du Bassin d’Arcachon, l’inconvénient dont je viens de parler serait encore plus sensible. La crête de chaque lame, en passant sous la voûte, trouverait, à mon avis, une surface d’oeuvres mortes trop considérable par rapport à celle de l’avant. Il y aurait alors un soulèvement violent de l’arrière et une tendance à enfourner fort désagréable, d’autant plus accentuée que l’avant est chargé par le fardage tout en ayant un déplacement in ferveur à celui de l’arrière. Le tangage, au lieu d’être égal et doux, deviendrait, avec de la mer, un mouvement très brusque, comme une chute de l’avant dans chaque creux.”

Un yacht-monotype maniable

Le yacht monotype devait être facilement maniable par un homme seul.

Les caractéristiques du yacht-monotype
Les caractéristiques du yacht-monotype

Un “amateur” devait être en mesure de pouvoir sans peine le ramener au mouillage en cas de panne à l’aviron. En effet, son poids de 400 kg le permettrait aisément. Sa grand voile avec une seule drisse simplifiait le gréement. En outre, sa dérive de 70 kg, munie d’un palan agissant sur un levier très long diminuait l’effort pour la hisser.

Un yacht-monotype pour 5 ou 6 personnes

Tout en étant de juste grandeur pour un seul homme, ce yacht pouvait aussi accueillir 4 ou 5 passagers. Grâce à l’évasement assez accentué de ses oeuvres mortes, évasement lui permettant de porter sa toile avec un lest relativement faible, le bateau pouvait recevoir environ 370 kg, soit 4 ou 5 passagers pour une immersion de 0.05 mètre environ.

Plan du yacht-monotype
Plan du yacht-monotype

Le franc bord était dessiné volontairement afin de rendre le bateau plus sur par forte brise et plus marin dans l’eau agitée. Ainsi une réserve de flottabilité était accentuée.

Un bateau pour le plaisir

L’embarcation projetée devait être commode et confortable. Essentiellement, elle devait être utilisée pour des promenades dans les zones peu profondes du bassin.

A cette fin, le dérive était presque entièrement logée dans le plancher. Le cockpit était vaste, muni de trois bancs et entièrement dégagé. Une “caisse” de 1.10 prévue, munie d’un couvercle, permettait de prévenir les embruns avec le clapot.

Egalement, si le bateau s’échouait quelques heures, son équipage à bord, il restait stable et agréable.

Les caractéristiques du yacht-monotype

Monsieur Picamilh espérait alors, que son monotype conviendrait à d’autres stations de yachting. A cette fin, il se proposait de l’adapter si besoin en fonction des demandes, en augmentant sa voilure ou en abaissant son lest….

Affaire à suivre.

Source: Le Yacht

Avec l’aide bienveillante de Jean-Paul Deyres

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Le yacht Peau-Rouge lors de la régate Arcachon-La Rochelle

CVA, son véritable ancêtre CVA?

La véritable ancêtre du CVA est-elle la Société des Régates ou la Société de la Voile d’Arcachon?

Aujourd’hui, on ne cite que 1882, date de la création de la Société de la Voile d’Arcachon suivie par la Société de la Voile et de l’Automobile d’Arcachon (1905-1933), comme étant la véritable ancêtre du CVA.

Mais l’histoire du yachting à Arcachon a-t’elle vraiment commencé là?

Le début des régates

Alors, remontons dans le temps…

Les régates d’Arcahon ont commencé dès juillet 1841 sous l’impulsion de Gaillard. Les marins entre eux sur leurs tilloles se confrontaient amicalement.

Puis, dès 1852 le style changea avec l’arrivée des yachtmen Bordelais qui organisèrent des régates de prestige. La jeune ligne de chemin de fer aidant, Arcachon acceuillait des foules considérables pour assister aux spectacles nautiques. 

L’un des actionnaires de la compagnie, Nathaniel Johnston y regnait en « suzerain » à bord de son yacht La Fée aux Roses.

Adalbert Deganne

Source Leonc.fr
Adalbert Deganne, initiateur du véritable ancêtre du CVA? Source Leonc.fr

Adalbert Deganne est l’oublié d’Arcachon…

C’est à la suite d’un chagrin d’amour qu’Adalbert Deganne est venu dans le sud-ouest. Originaire d’une famille modeste, avide de réussite, il fut l’instigateur avec les frères Pereire du prolongement de la ligne de chemin de fer de La Teste à Arcachon.

Grand propriétaire terrien grâce à la dot de son épouse, fondateur avec les frères Pereire de la ville d’Arcachon, mais détesté par Alphonse Lamarque, son ennemi pour toujours, il n’obtint pas la reconnaissance qu’il méritait malgré tout son engagement.

A deux reprises, Maire d’Arcachon, ce visionnaire, consacra sa vie à promouvoir notre ville. Grand amateur d’art, ce personnage extravagant, fier de sa réussite sociale était cependant, généreux et charitable avec les plus démunis.

Il offrit  les orgues de Notre-Dame, fit construire des grandes avenues, l’Olympia, des villas, le collège qui deviendra Saint-Elme et le Château Deganne.

Mai sil fut détesté par Alphonse Lamarque de Plaisance contre qui durant des années il se heurta. Les frères Pereire aussi lui volèrent la vedette. Adalbert Deganne sera le mal aimé et un peu l’oublié de l’histoire d’Arcachon car sa personnalité et son comportement tapageur dérangeaient fortement.

Adalbert Deganne savait qu’il fallait faire venir “les étrangers” afin d’établir la renommée d’une ville. Cet homme qui aimait s’entourer de la bourgeoisie et de l’aristocratie bordelaise, mit tout en oeuvre afin de les attirer à Arcachon.

Il y consacra sa vie sur tous les fronts et par exemple, il créa en 1866 la Société des Régates dont il fut le premier président.

Son engagement dans la plaisance fera d’Arcachon une des premières Société Nautique de France. 

Les prémices du CVA?

Ainsi, Adalbert Deganne en créant la Société des Regates en 1866 fut le véritable détonateur de notre patrimoine naval. 

Alors, cette année là, conseiller municipal d’Arcachon, il instaura des fêtes somptueuses qui eurent beaucoup de succès. La foule était nombreuse à venir admirer le spectacle nautique qui n’était organisé au début qu’à l’intérieur du Bassin.

Diverses catégories d’embarcations étaient admises à régater. 

Source Gallica
Source Gallica

Puis, le 4 mai 1873, sous la présidence d’Alfred Guérard, lieutenant de vaisseau, successeur d’Adalbert Deganne, la société modifia ses règlements et devint le Yachting Club d’Arcachon. 

Les régates internationales

Dans les mois qui suivirent, des régates internationales d’Arcachon à La Rochelle, les plus longues de l’époque, furent lancées.

Le yacht Peau-Rouge lors d'une régates d'Arcachon à La Rochelle
Le yacht Peau-Rouge lors d’une régates d’Arcachon à La Rochelle

Alors, les plus grands amateurs de plaisance avec enthousiasme s’y joignirent et l’état avec bienveillance  escorta la flotte avec un de ses avisos.

La presse critiqua  en pretextant que cela ne presentait pas un grand intérêt car le spectacle se passait loin des côtes… Mais ce fut une extraordinaire publicité pour Arcachon nouvelle station balnéaire. 

En outre, ces régates ont permis de donner une impulsion aux constructions nautiques de grandes dimensions. C’est à ce moment historique que nos  chantiers navals ont explosé.

De plus,  la fréquence des régates ainsi que les diverses récompenses prix qui étaient offerts aux gagnants attirerent tous les grands noms du yachting de l’époque. Ils arrivèrent avec les plus beaux yachts tels que les sloops Zampa de Monsieur Demay, Eva de Monsieur Fonade, Peau-Rouge, tous  construits à Bordeaux et les autres .

Le cutter-yacht Zampa
Le cutter-yacht Zampa

Ainsi, en 5 ans ont été distribué: 37.345 francs, 110 médailles d’or, d’argent et de bronze, des objets d’art, des jumelles marines. 

Eva, le yacht de Monsieur Fonade
Eva, le yacht de Monsieur Fonade

Ces prix pour la plupart provenaient d’éminents patronages, des subventions des Ministres de la Marine et des beaux-arts, des sénateurs et des députés de la Gironde, de la ville d’Arcachon, des cercles des régates de bordeaux et d’Arcachon, des pêcheries de l’Océan, de Monsieur Lesca et de quelques yachtmenparmi lesquels Messieurs Demay, Paris et Fonade…

La Société des régates n’est-elle donc pas la véritable ancêtre du CVA?

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Source: L’Avenir d’Arcachon, Le yacht, Les Sociétés Nautiques du Nord

Avec l’aide bienveillante de Jean-Paul Deyres.

I. Zisly, imagine “L’épreuve”

I. Zisly, ostréiculteur à Andernos, écrivit en 1879 au rédacteur en chef de la “Revue des Sports”pour l’informer de “L’épreuve”.

I. Zisly crée “L’épreuve”

Partant du principe que seuls les Américains et les Anglais à cette époque avaient le courage et l’audace de relever des défis extraordinaires, I. Zisly décida de les concurrencer.

Baleinière d'Arcachon dessinée par Monsieur Sahuqué, voilure différente de "Epreuve"
Baleinière d’Arcachon dessinée par Monsieur Sahuqué, voilure différente de “Epreuve”

Jamais personne avant lui n’avait bravé la mer seul à bord d’un navire pendant plusieurs jours et sur une aussi longue distance. Notre ostréiculteur andernosien créa ainsi “L’épreuve”. Une navigation en solitaire, sans escale ni “relâche”.

En 1878 une traversée de l’océan avait été tenté sur le “Nautilus” mais avec deux équipiers, navigation plus longue, certes, mais moins périlleuse. Vers 1858 c’est un bordelais, Léon Ducoste, qui tenta une expérience analogue, mais seulement d’Arcachon à Nantes et accompagné par ses deux chiens pour tout équipage.

“L’épreuve” le ferait partir d’Arcachon pour rejoindre Douvres, soit plus de 300 lieues de navigation. Le départ était prévu entre le 25 et le 30 avril 1878.

I. Zisly allait affronter le danger incessant de la côte au risque d’être drossé par des vents violents. Il connaissait parfaitement les pires dangers à venir tels que les passes d’Arcachon, le Pertuis, le raz de Sein, Ouessant et enfin l’entrée de la Manche bien connue des navigateurs.

"L'épreuve" Arcachon - Douvres
“L’épreuve” Arcachon – Douvres

Il imaginait réaliser cet exploit en 15 ou 20 jours en supportant seul les éléments, la fatigue et surtout le sommeil.

La baleinière “Epreuve”

Sur une baleinière baptisée “Epreuve” il partirait à la conquête de la gloire. Mentionnons que, c’est Auguste Bert, le charpentier de marine émérite qui dessina et construisit “Epreuve” dans son chantier naval de l’Aiguillon à Arcachon.

Elle mesurait 6 m de long, 2 m de large pour un tirant d’eau de 0,80M pour un poids de 2 tonneaux et demi.

Egalement, des cloisons étanches étaient prévues à l’avant et à l’arrière pour le rendre insubmersible. Elle était “ponté en grand” avec juste une place pouvant contenir le “patron”.

De même, la voilure composée d’une grand voile carrée de petite dimension lui permettrait de tenir la cape par gros temps.

Nul doute que, Auguste Bert avait minutieusement calculé les capacités de ce bateau pour louvoyer par tous temps.

I. Zisly demanda donc dans sa lettre à la “Revue des Sport” d’inviter l’ensemble des sociétés nautiques à suivre son périple.

Je n’ai rien trouvé concernant la traversée, est-il vraiment parti?

Je recherche des détails afin de compléter cet article. Tous vos commentaires seront les bienvenus. Bien entendu, les personnes qui seront en mesure de m’aider en contribuant seront citées.

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Source: la Revue des Sport

Constellation, son histoire sur le Bassin d’Arcachon

Constellation, son histoire sur le Bassin d’Arcachon

Constellation, sa belle aventure sur le Bassin d’Arcachon racontée par Jean-François Mandeix.

Jean-François Mandeix à l'origine de la venue de Constellation.
Jean-François Mandeix.

Avant propos sur Constellation

Je remercie vivement Gilles et Françoise Minos qui m’ont permis de rencontrer Jean-François Mandeix et son épouse Michèle en septembre 2017. Ils m’ont accueilli pour me raconter l’histoire du bateau Constellation offert à l’école Saint Elme par le Baron Bich. Voici la version réelle des conditions dans lesquelles le voilier du baron Bich est arrivé à Arcachon. Ainsi, sans Jean-François Mandeix et Monsieur Dupin cette histoire n’aurait jamais existé… Puis, les mois ont passé, le montage du texte était long, il nécessitait des corrections, et puis…. Monsieur Mandeix nous a quitté en avril 2018. J’ai alors décidé de garder ce texte en attente d’apaisement. Aujourd’hui je vous le livre. Nathalie sa fille, Christophe son fils, Gilles, Françoise et Alain Minos, Robin Fenestre……………( autres noms en attente)….. m’ont aidé afin de vous restituer au plus juste les faits. Avec beaucoup d’émotions le voici….

Constellation le 12 mJI, vainqueur de la Coupe de l'America en 1964
Constellation le 12 mJI, vainqueur de la Coupe de l’America en 1964

L’arrivée à Saint Elme de Constelletion

Au retour de la guerre d’Algérie, Monsieur Mandeix fut contacté par sa sœur pour remplacer  un professeur d’éducation physique de Saint Elme souffrant, des vacances de Pâques jusqu’au mois de juillet.

À cette époque les Dominicains  géraient encore l’établissement et à son arrivée,  ils  eurent l’idée de lui proposer de relancer une section voile en souvenir de la vocation première de Saint Elme.

Le lycée Saint Elme, Arcachon
Le lycée Saint Elme, Arcachon.

Autrefois Saint Elme était une école de formation d’officiers de Marine destinés à servir dans la Marine Marchande de Commerce.

Saint Elme était à l’origine un « noviciat maritime » préparant les garçons de 11 à 18 ans aux écoles de navigation. Fondé par des Frères Dominicains Enseignants d’Arcueil en 1869 sous le nom d’Ecole Centrale Maritime. C’est devenu ensuite l’établissement d’enseignement général renommé que nous connaissons aujourd’hui.

Le yacht pontifical Immaculata Concezzione, offert par le Pape lui même.
Le yacht pontifical Immaculata Concezzione, offert par le Pape lui même.

Les élèves disposaient pour leur formation d’un voilier. Ce fut successivement le côtre Saint-Elme, la goélette L’Eclipse, le 3-mâts-barque Saint-Elme et enfin le yacht pontifical Immaculata Concezzione, offert par le Pape.

Dès son arrivée à Arcachon, Monsieur Mandeix rencontra Monsieur Fongofier, qui avait un club sur la plage et qui lui proposa, pour l’été de l’aider. Rien dans ses projets ne lui avait laissé imaginer s’installer définitivement à Arcachon…

Jean-François Mandeix était alors jeune marié, cette opportunité de rester à Arcachon était l’idéal pour lui et sa future famille.

Les cours de voile s’organisèrent

Des entreprises locales immédiatement séduites,  décidèrent de participer à ce projet:

Les Pêcheries Nouvelles qui avaient de gros chalutiers,  offrirent des bateaux de sauvetage à clins; deux frères charpentiers de marine du petit port (l’immeuble en bas à gauche de la rue des Marins) installèrent les dérives et la voilerie Claverie (d’Arcachon) offrit les mâts et les voiles.

 A Saint Elme, le programme d’éducation physique prévoyait 3 heures en plein air par semaine, un des frères Dominicains organisa des cours de kayak pendant que Monsieur Mandeix encadrait les cours de voile.

Monsieur Couach séduit lui aussi par cette initiative fit préparer un 5.20  équipé d’un mât  et d’un moteur puissant pour encadrer les chaloupes.

Pendant des années les cours continuèrent ainsi.

En parallèle à son club de plage “Les Dauphins”,Monsieur Mandeix avait monté une petite école de voile sur Optimist pour l’été.

Au fils des années, la section voile de l’école prenait de l’ampleur et Monsieur Mandeix demanda au président gestionnaire de l’établissement, monsieur Dupin ( propriétaire du cinéma l’Eden) un nouveau voilier.

Constellation

Les finances ne le permettant pas, Monsieur Dupin eut l’idée d’écrire au mécène de l’école, le baron Bich, ancien élève de l’école de 1923 à 1931, dont une salle porte son nom.

Le baron Bich, photographie Voiles et voiliers
Le baron Bich a offert Constellation, le 12m JI, photographie Voiles et voiliers.

Le baron  avait déjà offert le laboratoire de sciences … peut être aurait-il, venant de racheter la Société Dufour, un bateau non commercialisable à céder…

Quelques jours après, alors qu’il était en cours, Monsieur Mandeix reçu un appel téléphonique du secrétariat du baron.

Très surpris et ayant du mal à croire à l’authenticité de cet appel, il demanda à être rappelé plus tard. À midi  le téléphone sonna  à nouveau et la secrétaire de Monsieur Bich lui dit :  « On ne refuse pas de parler au baron Bich ! » Le baron repris la communication et dit à Monsieur Mandeix : « difficile de vous avoir Monsieur Mandeix, je vais vous donner un bateau, un seul, mais un  superbe ! »

La condition était d’envoyer trois élèves à Newport (Rhode Island) de juin à septembre afin de les tester. Deux familles ont immédiatement accepté cette proposition tout en sachant que l’année scolaire serait perdue et l’examen au bac impossible, mais, devant une telle opportunité ils ne pouvaient refuser.

Olivier Onarato et Robin Fenestre, Journal S0
Olivier Onarato et Robin Fenestre, Journal S0

L’objectif était de les entraîner sur deux bateaux: France 1 et France 3.

Un équipage français pour la coupe de l’America

Le “Président” comme l’appelaient les garçons, avait en tête l’idée de les former pour la coupe de l’America et de faire de son ancienne école une pépinière pour ses futurs équipages. Le bassin offrait la possibilité de former les élèves et peut être de gagner cette coupe…

Sport-études sur Constellation
Sport-études sur Constellation

Le Baron Bich a participé à 4 coupes de l’America. Sans sa passion et sa persévérance, la Coupe de l’America n’aurait probablement jamais accueilli d’équipages français pour affronter le Defender américain ! 

La Coupe de l’America, crée en 1851, est une compétition nautique internationale hors norme dans laquelle se confrontent à l’origine d’une manière “amicale” les Yacht Clubs de différentes nations.

La france est devenue challenger grâce à la personnalité extraordinaire du Baron Bich, dans la lignée de Sir Thomas Lipton, entrepreneur de génie et gentleman. Sa première participation date de 1970 et c’est à cette occasion qu’il a fait construire France 1 sur le plan de l’architecte marseillais André Mauric et par les chantiers navals Egger de Pontarlier. (France 1 est classé Monument Historique depuis le 1° février 1992).

Le départ des garçons

Mi juin, finalement 2 jeunes partirent.

Un monde extraordinaire les attendait. A Newport ils allaient rencontrer les plus grands et plus puissants industriels du monde. Une société de milliardaires passionnés de voile. Cette coupe de l’America leur permet de se mesurer sur un autre terrain de jeu pour soulever le trophée, une aiguière en argent ciselé, forgée par l’orfèvre Robert Garrard. 

Les garçons ont ainsi navigué avec les plus grands noms de la voile mondiale, et fréquenté lors des innombrables soirées organisées par les challengers des personnes parmi les plus puissantes de la planète… C’est d’ailleurs, le couturier Guy Laroche ( propriété du Baron Bich) qui les habillait sur mesure. Pantalon blanc, blazer bleu marine, chemise blanche à fines rayures bleus, cravatebleu marine avec l’insigne de l’AFCA (Association française pour la Coupe de l’ America) , fondée en 1965 par Marcel Bich).

Les lycéens à Newport

Le premier mois de leur présence à Newport ils ont participé à la préparation des triangles olympiques à bord d’un tender. Les entrainements consistaient à reproduire à l’identique le parcours qui serait réalisé pour la coupe de l’America.

Le soir lorsqu’ils rentraient au port, les bateaux étaient sortis de l’eau chacun dans le “sheb” (hangar), chaque challenger maintenait le secret de son bateau…

Ils ont participé le mois suivant aux math racing qui sont des entrainements. Robin naviguait sur France 1 et sur France 2 alternativement. France 2 se montrant fort décevant aux entrainements, c’est France 1 avec Bruno Troublé,  double sélectionné olympique, qui participera à la course de 1977. Après des aménagements pour satisfaire aux nouveaux règlements, cockpits rendus étanches et le plan de voilure est légèrement modifié il fut prêt.. Bruno Troublé reprenait ainsi la barre de l’ancien voilier et gagna quelques régates lors des sélections, mais il fut éliminé avant la finale.

L’arrivée de Monsieur Mandeix à Newport

 Début août 1977 le baron enchanté par les deux élèves, appela Monsieur Mandeix. « votre billet d’avion est acheté je vous attends la semaine prochaine à New Port».

Un ami est venu le remplacer en pleine saison pour gérer le club de plage, un autre ami lui a obtenu un passeport en quelques jours, et il put partir.

Madame Bich en personne arriva en Rolls-Royce à l’aéroport le chercher.

Tous les jours le baron travaillait pour ses entreprises (une centaine à l’époque). Il s’y consacrait de 3 heures à 8h du matin et le reste de la journée était consacrée à la navigation.

A l’issue de cette rencontre extraordinaire, Monsieur Bich, persuadé de pouvoir mener à bien son projet, décida d’offrir «Constellation» qui se trouvait à Hyères. Olivier et Robin étaient prêts à transmettre leurs connaissances aux élèves de Saint Elme.

Constellation offert par le Baron Bich au lycée Saint Elme d'Arcachon
Constellation offert par le Baron Bich au lycée Saint Elme d’Arcachon

Le 12 MJI

Constellation ( (US 20) remporta la Coupe de l’America en 1964 au dépend de Sovereign (Challenger Anglais) ). Marcel Bich  l’avait racheté pour servir de lièvre à “France”.

Le 12 m JI fut dessiné par l’architecte Olin Stephens. Comme James Boyd (Sovereign), ayant le même amour de la navigation, ils construisirent des bateaux d’exception pour conserver la coupe de l’America.

Olin Stephens architecte naval qui à dessiné Constellation vainqueur de la Coupe de l'América en 1964
Olin Stephens architecte naval qui à dessiné Constellation vainqueur de la Coupe de l’América en 1964

Olin Stephens architecte naval américain, était passionné de voile dès son plus jeune âge. Il dessina entre autres le voilier Dorade en 1931 à l’occasion d’une course transatlantique.

Ce voilier était extraordinaire. Il faisait 21 mètres de longueur, 3,20 mètres de maître-bau, 3,10 mètres de tirant d’eau, avec un mât de 28 mètres, pour un total 28 tonnes. Il permettrait aux élèves de Saint Elme de s’entraîner pour devenir de futurs équipiers de la Coupe de l’America.

Cependant,Monsieur Mandeix refusa en premier. Il savait que la navigation dans le Bassin serait très difficile avec un tel bateau.

L’arrivée de Constellation

Le Baron Bich en avait décidé ainsi, et dès le lendemain Constellation arriva.

L'arrivée devant le Rally à Arcachon du 12m JI Constellation, Journal SO
L’arrivée devant le Rally à Arcachon du 12m JI Constellation, Journal SO

Deux jours avant l’arrivée de Constellation, une équipe qui était à Newport, envoyée par Marcel Bich est venue à Arcachon. Ils arrivèrent dans une 504 break et séjournèrent dans un hôtel du port de plaisance.

Dès le lendemain, les garçons les ont amené à l’emplacement de l’actuel CVA qui servait de rampe de mise à l’eau à cette époque. C’était marée haute, toute l’équipe admirative est dans la hâte de pouvoir naviguer sur un tel plan d’eau…..

La surprise

Le lendemain matin après le petit déjeuner tout le monde retourne à la rampe et surprise…. la marée est basse…. “Mais c’est quoi ce truc?” Ils commencent à regarder les cartes marines, et prennent conscience du peu de possibilité de naviguer avec un tel bateau…

L’arrivée par la route depuis Hyères organisée par l’entreprise Solanilla-Frères de Bordeaux fut un événement sans nul autre pareil.

Jean-François Mandeix était au port avec un groupe d’élèves pour accueillir Constellation. Il était immense! Un des anciens élève raconte: “Le mât est arrivé en premier, nous étions tous très impressionnés par sa longueur”.

Un spinnaker de 200m carré fut réalisé avec le blason de Saint Elme. Il était orné d’un phare, un soleil au dessus de la mer et la devise « Aides toi, le ciel t’aidera ».

Une fois le mat en place, les réglages effectués, Constellation put sortir du port.

Les 3m10 de tirant d’eau obligeaient à tenir compte des marées… Les voiles hissées il s’élença sur le Teychan en direction de la rade d’Eyrac.

Saint Elme en fête

Cérémonie de donation du voilier Constellation
Cérémonie de donation du voilier Constellation

Une fête extraordinaire fut organisée à l’école le samedi 21 octobre 1978. A l’occasion de cette soirée le baron qui était très humain et d’une grande sensibilité, s’adressa au jeunes de Sint Elme et leur dit. “Vous possédez un capital immense qui est votre jeunesse, je suis prêt à échanger ma fortune contre elle”

Monsieur Fleury, Maire d'Arcachon. Photo SO
Monsieur Fleury, Maire d’Arcachon. Photo SO

Le baron reçu des mains de Monsieur Fleury, Maire d’Arcachon, la médaille de vermeil de la ville.

Grande soirée organisée au lycée Saint Elme, Journal SO
Grande soirée organisée au lycée Saint Elme, Journal SO

A cette occasion il  acheta le château Ferrand à Saint-Hyppolite et les grands crus coulèrent à flot. 

Article du journal SO.
Article du journal SO.

Le « tout Arcachon » était présent…

Grand pavois pour le Baron Bich au lycée Saint Elme. Photo SO
Grand pavois pour le Baron Bich au lycée Saint Elme. Photo SO

Il navigue

Le Bassin d'Arcachon en fête pour l'arrivée de Constellation, Journal SO
Le Bassin d’Arcachon en fête pour l’arrivée de Constellation, Journal SO

Pendant une quinzaine de jours Constellation navigua sur le bassin. A chaque entrée et sortie, n’étant pas équipé de moteur, un remorqueur le prenait à couple. Avec ses 3m10 de tirant d’eau chaque entrée ou sortie était délicate.

Pierre, un ancien élève qui a navigué à deux reprises sur Constellation raconte. “C’était une bête qui glissait sans bruit sur l’eau et réagissait au moindre coup de barre. Par force 2 il filait déjà…..”.

Le 12 mJI Constellation naviguant sur le Bassin d'Arcachon, Journal SO
Le 12 mJI Constellation naviguant sur le Bassin d’Arcachon, Journal SO

“L’affaire Constellation”

Le Préfet Martime de l’époque appela Monsieur Mandeix. La réglementation interdisait un voilier de cette taille à naviguer dans les chenaux un tel voilier et imposait un équipage majeur.

Une longue série d’ échange de correspondance commença. Le Préfet proposa de faire une dérogation, mais les assurances n’en tenant pas compte, toute navigation devenait impossible. 

Article journal SO.
Article journal SO.
Et les problèmes commencèrent....Journal SO
Et les problèmes commencèrent….Journal SO

Monsieur Mandeix appela le baron pour lui exposer le problème. Justement il venait de recevoir une offre d’Angleterre pour acheter Constellation.

Le départ de Constellation d'Arcachon. Photo Neveu, Journal SO
Le départ de Constellation d’Arcachon. Photo Neveu, Journal SO

Les dernières photographies de Constellation avant son départ prises par Régine Rosenthal, Journal SO
Les dernières photographies de Constellation avant son départ prises par Régine Rosenthal, Journal SO

Le voilier du baron Bich, véritable Concorde de la mer partit en Angleterre. A l’occasion de son remorquage coula en mer du nord. 

Les Dufour

 Si bien qu’il offrit à la place 3 voiliers Dufour 2800CS. 

Ils sont arrivés de Charente Maritime par la route. 

Mise à l'eau des Dufour offert par le Baron Bich au lycée Saint Elme, Journal SO
Mise à l’eau des Dufour offert par le Baron Bich au lycée Saint Elme, Journal SO

Ils faisaient 8,60 mètres de longueur et 1,60  de tirant d’eau et leurs équipements en troisième catégorie était complets. Équipés de huit voiles différentes, d’appareils électroniques de navigation, ils étaient homologués pour recevoir de 5 à 8 personnes à bord. 

Perfectionniste à l’extrême, il envoya son skipper de l’America, Bruno Troublé, salarié de Dufour pour s’assurer de l’organisation. Il fit même choisir des batteries de cuisines aux insignes de la marque….!

Voilier Dufour à l'entrainement sur la Bassin d'Arcachon,  Nathalie Mandeix à bord!
Voilier Dufour à l’entrainement sur la Bassin d’Arcachon, Nathalie Mandeix à bord!

Ces voiliers allaient permettre d’aborder la croisière côtière. Ils purent participer à la semaine de la voile de La Rochelle ainsi que de partir naviguer  en Bretagne ou en Espagne.

Finalement deux Dufour sont arrivés et à la place du troisième le baron offrit de refaire le clocher de l’école.

A La Rochelle deux places étaient réservées sur le ponton Dufour sur simple appel de l’équipage…

Voilier Dufour à l'entrainement sur la Bassin d'Arcachon
Voilier Dufour à l’entrainement sur la Bassin d’Arcachon

Changement de cap

Après cela, au niveau interne, l’ancien directeur de Saint Elme, hostile depuis le départ à ce projet, enleva les heures de voile données par l’académie à Monsieur Mandeix. Il les transforma en heures d’anglais! (Mentionnons que dans bien des écrits une version différente et flatteuse est avancée, j’espère que mon article permettra de rétablir les choses.)

La situation financière résistait car Monsieur Mandeix avait créé un club de voile en parallèle. Il lui permettait de subvenir aux dépenses courantes sans que l’école soit mise à contribution. Mais à force, les déplacements coûtaient cher. L’idée lui vint de proposer à Nautic-service d’échanger un Dufour contre deux Fun afin de participer l’année suivante aux championnats du monde de La Rochelle.

Enfin, la transaction a à moitié échoué et Monsieur Mandeix acheta un des deux Fun.

Au retour du championnat, lassé par les complications et les entraves il se lança dans le char à voile….

https://www.facebook.com/groups/688684661289456

https://bassin-arcachon-patrimoine-naval-plaisance.fr/wp-admin/post.php?post=674&action=edit

https://classicyachtinfo.com/designer/olin-j-stephens/

https://kiosque.sudouest.fr

https://voilesetvoiliers.ouest-france.fr/regate/coupe-de-l-america/les-premiers-12m-ji-francais-aae22789-4c0d-514c-9f87-31482cdbb5fa

https://www.bateaux.com/article/26024/francais-coupe-de-l-america-origines-a-nos-jours

Clarisse Crémer

Journée de la femme

Pour la journée de la femme, aujourd’hui, 8 mars, j’ai un coup de coeur pour Clarisse Crémer.

Clarisse Crémer

Cette belle et remarquable navigatrice,  diplômée en business d’une université américaine et de HEC Paris, est arrivée 12° au classement de la 9° édition du Vendée Globe. Pour sa toute première participation elle a même réussi à pulvériser le record féminin du tour du monde en monocoque en solitaire!

Clarisse Crémer, le 29 octobre 2020 aux Sables-d’Olonne. VINCENT CURUTCHET / DPPI VIA AFP
Clarisse Crémer, le 29 octobre 2020 aux Sables-d’Olonne. VINCENT CURUTCHET / DPPI VIA AFP

Elle a osé se lancer dans un milieu qui reste encore à ce jour majoritairement masculin. Par exemple, cette année  seulement 6 femmes sur 33 skippers figuraient au départ de cette 9° édition.

Autrefois avant la journée du 8 mars

Autrefois, il n’y a pas si longtemps, c’est à dire au début du 20° siècle il était pratiquement impossible d’imaginer l’exploit de Clarisse Crémer!

Cette carte postale “comique” symbolise toute la misogynie de 1902. En effet, autrefois, au temps du courrier, bien avant Facebook et Twitter, on s’écrivait. On envoyait des cartes postales pour adresser nos meilleurs souvenirs des moments où l’on partait en villégiature. Les fabricants de cartes postales, qui ne manquaient pas d’imagination et d’humour s’en donnaient alors à coeur joie. A une époque où les femmes soumises à leurs chers et tendres époux étaient sous tutelle… Où elles n’avaient pas le droit de voter, et se contentaient d’être des épouses attentives et bonnes mères de famille…

La femme "marin" en 1902
La femme “marin” en 1902

Les éditeurs de cartes postales s’amusaient alors dans ces représentations de femmes déguisées pour faire ressortir leur incapacité . Incapacité imaginée à pouvoir un jour avoir accès à des responsabilités, des études supérieures ou réaliser des exploits.

Aujourd’hui la journée de la femme

Bravo toutes ces femmes qui continuent le travail mené par Clara Zetkin, cette militante socialiste allemande qui réclama en 1910 lors de la deuxième conférence internationale des femmes socialistes réunies à Copenhague, le droit de vote, de meilleures conditions de travail et une égalité hommes femmes.

Bravo Clarisse qui vient aujourd’hui à son tour de rentrer dans ce monde des femmes qui font bouger notre société. Chacune dans son domaine comme Simone de Bauvoir, Marie Curie, Simone Veil, ou Virginie Heriot, Sophie Wallerstein ont prouvé notre importance dans la société et l’histoire continue!

http://clarissecremer.com

https://bassin-arcachon-patrimoine-naval-plaisance.fr/2021/01/04/bruno-marchais-artiste-peintre-marines-bassin-arcachon-pinasse-arcoa-bassin-arcachon/

Bruno Marchais

A 61 ans, Bruno Marchais, habite à Arcachon.

 Décorateur diplômé de l’Institut de Design et d’Aménagement de l’Espace, il réalise depuis 20 ans des peintures à l’huile.

Bruno Marchais
Bruno Marchais

Sa peinture

Ses oeuvres,  symboliques et contemporaines sont essentiellement des marines du Bassin  d’Arcachon.

 Son père, Capitaine au Long Cours, lui donne dès son adolescence quelques notions de perspective et d’équilibre dans la composition de ses  dessins. Il réalisait des plans très détaillés, rigoureux et esthétiques. 

Parallèlement, sa mère, à la même période, lui offre une encyclopédie des peintres  impressionnistes.

Son épouse lui a offert un jour une toile. Un an plus tard, il s’est lancé. Son premier tableau reflétait déjà la genèse de son style avec des formes géométriques. Un encadreur séduit par son travail lui a permis de faire sa première exposition.

Aussi, il est évident que cet environnement familial a contribué à développer sa passion pour la peinture.

Le thème de l’eau

L’eau est l’élément qu’il préfère peindre.

Arcoa 570, peinture Bruno Marchais
Arcoa 570, peinture Bruno Marchais

En effet, la mer, l’océan, symboliquement bleus, lui apportent la douceur et l’évasion nécessaires à la création de ses images.

L’eau alimente la part du rêve.

Arcoa
Arcoa

Bruno est influencé par ses Maîtres, Toffoli pour les transparences, Mondrian pour les couleurs serties , Buffet pour ses lignes verticales. Ainsi la composition de chacune de ses toiles est rigoureuse. Elle est en effet, la conséquence d’un travail en amont sur croquis, les couleurs vives sont saturées, le trait épuré à l’extrême.

Saint Ferdinand.
Saint Ferdinand.

Grâce à quelques dégradés ou courbes il donne de l’apaisement à cette écriture structurée.      

Alors, de ce contraste, émane toute la force et la personnalité de ses créations.

Son atelier

Il expose régulièrement et parfois ouvre les portes de son atelier. Je vous invite donc à lui rendre visite, son accueil est toujours des plus sympathique.

Photographie S.V journal Sud Ouest. Dans l'atelier..
Photographie S.V journal Sud Ouest. Dans l’atelier..

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https://www.facebook.com/groups/688684661289456/permalink/1745252288966016

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https://bassin-arcachon-patrimoine-naval-plaisance.fr/arcoa/

Avenue de l'Amiral Mouly

Pierre Evariste Mouly

L’Amiral Pierre Evariste MOULY a donné son nom à une avenue de la ville d’Arcachon située dans le quartier de l’Aiguillon.

Il est né en 1879 à Limoges, fils de Jean MOULY, « brigadier facteur des Postes », et de Marie DESMOUSSON, repasseuse.

Avenue de l’Amiral Pierre Mouly à Arcachon, quartier de l’Aiguillon.

Après des études à l’École Condorcet à Arcachon, il est entré dans la marine à Toulon le 28 juillet 1896 par décision du Ministre de la Marine en date du 28 juillet 1896. Brillant, il est nommé élève mécanicien, étant classé 7e sur 85 élèves.

 
Le 2 octobre 1902, par décision du Ministre de la Marine, il est promu au grade maître mécanicien théorique à compter du 1er octobre 1902.( Immatriculé au 3e Dépôt). 


Puis, le 25 avril 1906, lors de son mariage à Arcachon avec Marie-Louise Farges, il est Maître Mécanicien domicilié à Toulon.

Etat civil.

Le 15 juillet 1907 il est promu au grade de premier maître mécanicien de 2e classe à compter du 1er juillet 1907. Il est alors inscrit à Arcachon.

En mars 1912 il est promu Mécanicien Principal de 2ème classe et affecté au port de Lorient.

En février 1913 il est en fonction sur le Contre-Torpilleur “Lansquenet” sous les ordres du L.V. Antoine MOREL.

En Avril 1916, il est inscrit au tableau d’avancement pour le grade de mécanicien principal de 1re classées sera le 17 janvier 1917 promu par décret au grade de mécanicien principal de 1re classe.

Ce brillant parcours l’amène le 12 juillet 1918 à être promu Chevalier de la Légion d’Honneur en qualité de Mécanicien Principal de 1ère classe.

Puis, en décembre 1921 il est en fonction sur le Navire Hôpital Bien Hoa sous les ordres du Commandant TRUBERT.

Dès février 1922, il est nommé professeur à l’École des mécaniciens et chauffeurs, à Toulon et en Novembre 1922, inscrit au tableau d’avancement pour le grade de mécanicien chef.

Par décret du 28 septembre 1923 il est promu au grade de mécanicien chef.

En Janvier 1924, il est destiné au cuirassé Paris, à Toulon.

En Décembre 1925, destiné à l’Atelier central de la flotte, à Toulon.

Par décision du Ministre de la Marine en date du 26 décembre 1928 il est inscrit au tableau d’avancement de l’année 1929 pour le grade d’ingénieur mécanicien en chef de 2e classe.

Le 12 janvier 1929 il est promu Officier de la Légion d’Honneur en qualité d’ Ingénieur Mécanicien Principal 
dans les termes suivants :

« Mouly (Pierre-Évariste), ingénieur mécanicien principal ; 32 ans 4 mois de services, dont 14 ans 7 mois à la mer en paix ; 7 campagnes de guerre. Chevalier du 12 juillet 1918. »

Par décision du Ministre de la Marine en date du 12 novembre 1931 il est inscrit au tableau d’avancement de l’année 1932 pour le grade d’ingénieur mécanicien en chef de 1re classe. 
Par arrêté du Sous-secrétaire d’État à l’Éducation nationale en date du 12 octobre 1933, lui est conférée la Médaille d’honneur de l’éducation physique (Argent). Alors directeur de l’École des apprentis mécaniciens, à Lorient. 
Le 24 mars 1934 il est nommé Directeur de l’École des Mécaniciens de Toulon, il est Ingénieur Mécanicien en Chef de 1ère classe. 
En 1936 il installe l’École des Mécaniciens, Chauffeurs et Scaphandriers ainsi que l’École de Maistrance Machine à Saint Mandrier (Var) 
Par arrêté du Ministre de l’Éducation nationale en date du 9 août 1937 (J.O. 15 août 1937, p. 9.232), lui est conférée la Médaille d’honneur de l’éducation physique et des sports (Or).

Par décret du 23 février 1938, il est nommé au grade d’ingénieur mécanicien général de 2e classe à compter du 12 mars 1938.

Il est désigné pour la Majorité générale de Toulon comme chef du Service des machines à compter du 28 février 1938, alors directeur de l’École des mécaniciens et chauffeurs, à Toulon.

Le 22 juin 1939 il est promu Commandeur de la Légion d’Honneur en qualité d’ Ingénieur Mécanicien Général de 2ème classe dans les termes suivants :

« Mouly (Pierre-Évariste), ingénieur mécanicien général de 2e classe. Officier du 12 janvier 1929. Services actifs : 42 ans 10 mois 19 jours, dont 23 ans 11 mois 12 jours à la mer. Bonifications pour campagnes : 19 ans 8 mois 23 jours. »

Il met fin à sa carrière militaire le 2 août 1940 et décèdera à Toulon le 27 octobre 1962 à l’âge de 83 ans à Toulon.

Sources: mesdiscussions.net, culture.gouv.fr 
Et l’aimable participation d’Aimé Nouailhas!!!

https://www.facebook.com/groups/688684661289456

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https://bassin-arcachon-patrimoine-naval-plaisance.fr/2020/12/31/le-lysistrata/

Le chantier de mécanique navale Boyé..

La famille Boyé est un des grands acteurs de notre Patrimoine Naval du Bassin d’Arcachon.

La mécanicien naval peut être assimilé à un travailleur de l’ombre…

Quand nous parlons de Patrimoine naval, immédiatement des grands noms d’architectes et de chantiers de construction viennent à notre esprit. Cependant, la mécanique navale à été décisive pour faciliter le travail des professionnels et accéder à la plaisance. La motorisation des pinasses à participé au grand bouleversement de leur structure, permettant de les rendre plus grandes, jusqu’a 12 mètres pour embarquer de huit à douze hommes pour aller pêcher la sardine. 

De grandes familles sur le Bassin ont œuvré corps et âme pour assouvir leur passion dans la discrétion. 

De 1930 à 1960, la famille Boyé a fabriqué des moteurs et marinisés des moteurs pour équiper les navires des plus célèbres chantiers navals du Bassin.

Voici un arbre généalogique simplifié pour nous aider à mieux comprendre.

A l’origine, Gabriel-Jean Boyé dit “Rémy” a créé en 1862 le “Chantier naval Boyé” digue est à l’emplacement actuel de Marine Plaisance.

Le chantier naval de Rémy Boyé.

Il y a travaillé avec son fils Dominique dit “Octave” à construire des bateaux bois et des pinasses pour la pêche et l’ostréiculture.

Dans une idée de complémentarité, son petit fils Elie, né en 1890, choisit se lancer dans la mécanique navale et partit faire son apprentissage dans l’entreprise de moteurs marins Castelnau à Arcachon en 1904.

Elie Boyé.

A cette époque, les entreprises Castelnau et Couach eurent l’idée très” moderne” de fabriquer des moteurs marinisés pour les adapter aux pinasses .Ces deux entreprises fabriquaient leurs propres moteurs monocylindres, appelés “cylindres borgnes” (sans culasses). Grace à eux, le travail des ostréiculteurs et des pêcheurs allait être transformé.

André et Christian Boyé au port de La Teste.

C’était la belle époque des “Pétroleuses”, avec leur bruit caractéristique, si doux encore à nos oreilles et dont Jean Cocteau disait qu’il était le “tam tam” du Bassin.

Les années folles avec une nouvelle clientèle de touristes célèbres et fortunés, marquèrent le grand début de la plaisance. Emile Dubourdieu inventa la “Pinasse de Monsieur” et beaucoup de chantiers se lancèrent dans un nouveau genre de navire avec des fonds moins plats que les pinasses et qui exigeaient des transmissions en ligne d’arbre directe (talon). 

Après son apprentissage, Elie fut ouvrier chez Albert Couach boulevard de la Plage vers 1908.

Atelier Boyé en 1929.

En 1920, il se lança à son compte car la demande de moteurs était grandissante et créa le “Chantier de mécanique navale Elie Boyé” situé devant le port de la Teste. 

Elie se lança dans la marinisation de moteurs B2 et B12 Citroën, des 402 Peugeot ainsi que des Fords double allumage (magnéto et delco) dans une recherche de sécurité. 

Moteur B2 Citroën.

Moteurs 402 Peugeot au banc d’essai.

Elie, dont le mauvais caractère était bien connu sur le port de la Teste, était dans son travail créatif, inventif, en recherche technique permanente.

Moteur B2 Citroên.

Le chantier de mécanique faisait fabriquer toutes les pièces à partir de ses propres modèles.

Tout était usiné par le chantier: les inverseurs, les collecteurs d’échappement, les culasses. Les pompes en bronze étaient entièrement usinées par le chantier, à l’exception des groupes et des embiélages qui étaient importés. 

Eli avait le premier, inventé un moteur a double allumage pour aller à la peêhe à la traïne en mer, pour assurer la sécurité en cas de panne.

Elie, le passionné, a consacré sa vie à transmettre à son fils et à son petit fils l’amour du travail bien fait.

La pinasse Jalousée d’Elie et André Boyé était équipée du premier moteur à arbre à came marinisé sur le Bassin. (avant les moteurs étaient latéraux).

La pinasse “Jalousée” à Saous devant la cabane du figuier.

André fit son apprentissage dans l’entreprise familiale en 1933 et en 1940 l’entreprise devint “Boyé et fils”.

André Boyé avec un ouvrier du chantier, peut être un navire du chantier Eyquem?

Pendant 4 générations la famille Boyé a fabriqué ses propres pièces en bronze, d’après ses propres modèles coulés en fonderie et usinés par leurs soins pour les montages à hélices relevables ( dit à crémaillère) comprenant: cardans, puits à crémaillère, manchons articulés, crosses, arbres d’hélice, boites à cardan avec presse étoupe, ainsi que toutes les pièces pour les montages des bateaux à talon.

Arrière d’une pinasse à hélice redevable (crémaillère).

Elie en 1955 prend sa retraite et André reprend l’entreprise sous le nom “André Boyé Mécanique Navale”.

Christian est rentré comme apprenti en 1960 et y travailla comme ouvrier par la suite.

Christian Boyé.

En 1985 Christian reprend à son tour l’entreprise sous le nom “Boyé Christian Mécanique navale. Fabrication et pose de pièces spécifiques de bord”. Au port de la Teste.

Christian Boyé, montage à talon sur une pinasse Raba.

La grande crise de l’ostréiculture a fait basculer l’entreprise vers la plaisance. Christian est devenu concessionnaire de la marque Yanmar, moteurs marins.

Christian a principalement travaillé avec son ami le Chantier Raba mais aussi avec Jean-Pierre Dubourdieu. Il motorisait et entretenait les vedettes et les pinasses qui sortaient des chantier. A chaque pinasse un moteur spécifique en fonction de la demande du propriétaire. 

En haut à gauche Franck Boyé, en bas à gauche Yann Legalloudec, au milieu Michel un oiuvrier du chantier, en haut à droite Jean-Francois Sanz, en bas à droite Christian Boyé au chantier.

Franck, le fils de Christian est lui aussi devenu mécanicien naval. Après trois années d’apprentissage dans l’entreprise familiale, diplôme en poche, il y est devenu ouvrier.

C’est Franck qui à remis en état ce moteur avec patiente et compétence pour qu’il soit exposé dans l’atelier familial…. Un B2 Citroën marinisé par Elie son arrière grand-père.

B2 Citröen marinisé par Elie et restauré par Franck

La pinasse de Madame Desmaret….

Christian Boyé et Michel Dieu sur la pinasse Raba de Madame Desmaret.

Madame Desmaret, était la propriétaire de la compagnie pétrolière Azur. Elle à commandé au chantier Raba un pinasse de 12,m50 Christian et Franck ont monté un moteur de 160cv Volvo, 6 cylindres….

Le jour des essais, Michel Dieu le marin, en testant le navire, a pratiquement fait basculer la pinasse en mettant barre toute malgré les flaps en inox….. 

Christian a pris sa retraite en 2005 et c’est Monsieur Vatskil qui s’est installé dans ce bâtiment depuis.

Merci à Christian Boyé de nous faire partager cette belle histoire familiale chargée d’émotions et de passions…..

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